Chez les canuts de Croix-Rousse

Cour des Voraces
Nouveau court séjour à Lyon pour une formation. Je continue l'exploration de la Capitale des Gaules. La ville est mi-plate, mi-bossuée. Saône et Rhône enserrent la presqu'île bourgeoise jusqu'à la confluence, c'est la partie plate qui s'étend autour de la place Bellecour. Si vous voulez du relief, il faut aller à l'ouest vers la colline de Fourvière sur les flancs de laquelle s'étage le vieux Lyon, la partie originelle de la ville. Vers le nord, on arrive dans le Lyon populaire, celui de la Croix Rousse chère aux les Canuts. Sur les pentes de la colline, les ouvriers de la soie s'installèrent au XIXème et rythmèrent le quartier de leurs vies et de leurs révoltes. Un immeuble emblématique, avec son grand escalier de façade, donnant sur la spectaculaire Cour dite des Voraces, rappelle l'épisode de la révolte des canuts autoproclamés Voraces, entre 1846 et 1849. Si les canuts ont disparu depuis longtemps, un vent d’anticonformisme continue de souffler sur les lieux qui sont restés populaires. En témoignent des commerces alternatifs, des graffitis nombreux, une légère négligence, même si ici comme ailleurs, la "boboïsation" guette. 


 
On gravit les pentes vers le plateau par la Montée de la Grand'Côte. Les maisons colorées égaient les pavés et titillent les mirettes, les magasins le long de la montée s'embourgeoisent, et la vue en arrivant sur le plateau offre une nouvelle perspective de la ville vers le sud. Le plateau est bien vivant, un Lyon différent de celui du bas, qui ressemble presque à un village collé à la grande ville en contrebas. La balade jusqu'à la fresque des Canuts s'impose : c'est le plus grand mur peint d'Europe, l'effet de l'escalier qui semble s'enfoncer dans la façade est saisissant. La fresque montre les habitants du quartier et leurs lieux de vie dans une représentation simple et vivante. Il s'agit de la dernière version, celle de 2013 puisque 2 autres représentations ont existé auparavant.

évolution de la fresque de 1987 à 2013

En retournant vers la Saône, la vue le soir sur Fourvière et sur les cascades de maison vaut une pause, par exemple place Rouville avec sa maison aux 365 fenêtres (est-ce vrai ? je n'ai pas compté !). La rue de l'Annonciade qui y mène frappe par ses murs peints et recouverts de végétation verticale, rougeoyants au coucher du soleil.
 

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