Shanghai, moderne vs. ancien

Shanghai, une des plus grandes métropoles du monde, peut-être la plus grande, ne lésine pas pour se faire mousser. Elle est désormais célèbre pour ses gratte-ciel à rallonge, et pour son "skyline" qui vient concurrencer celui des villes américaines ou d’autres pays asiatiques. Bon, ces bâtiments modernes  juchés dans le quartier de Pudong paraissent un peu ternes le jour, mais la profusion de lumières, de couleurs, pas toujours du meilleur goût sans doute, vient rendre les bords du fleuve (le Huangpu Jiang) magiques le soir venu. La foule se presse sur la promenade le long de la rive, les photo-téléphones s'accumulent avec les selfies, les bateaux qui croisent sur l'eau affichent complet, on en prend plein les mirettes, le cerveau finissant cependant par fatiguer sous ce flot continu de flashs lumineux. Pour reposer ses yeux, il suffit de faire un demi-tour et de contempler les bâtiments du Bund : ils représentent la Shanghai coloniale, su temps de la concession internationale, lorsque Anglais, Américains, Français, faisaient bouger la ville et construisaient une ville nouvelle, à l'architecture classique et néo-classique, hôtels, chambres de commerce, banques, journaux, tout ce qui représentait les puissances de l'époque ont poussé le long du Fleuve Jaune, et soutiennent la comparaison, dans un autre style, avec les nouveaux riches d'en face.






Si l'on veut remonter un peu plus loin dans le temps, et un peu plus profond dans la culture chinoise, il faut se rendre un peu plus au sud, dans la quartier de Nanshi, la vieille ville. Les jardins traditionnels Yu et le pâté de maisons autour tiennent lieu d'attraction touristique : c'est joli, ça manque cependant un peu d'âme, avec un côté Disneyland, autant par le ripolinage de rigueur que par les  bazars alentours, boutiques à toutous chinois. Pour voir les vrais habitats traditionnels, les shikumen d'antan, il faut aller un peu plus loin, quitter les grands axes, et s'enfoncer dans des ruelles étroites où jouent des enfants, discutent des vieux, font leurs achats les riverains. Bon, il n'y a sans doute plus beaucoup de maisons datant d'il y a plusieurs siècles, mais on a tout de même, en quelques mètres, laissé le Shanghaï lumineux pour un autre bien différent.


Retour dans la modernité avec une courte expédition (en métro bien entendu) vers le sud, au-delà du Huangpu, sur le site de l'Exposition Universelle de 2010. L'immense pavillon de la Chine, en forme de pagode, rouge bien sûr, a été reconverti en Musée d'Art. Tout est gigantesque, les salles, les escaliers, les volumes, mais le contenu laisse un peu sur sa faim : les œuvres d'artistes chinois restent dans l'ensemble assez académiques, d'autant qu'ils s'appliquent à rester dans la tradition du pays, sans beaucoup d'imagination. Et puis toute photo est interdite dans le musée : craindront-on en haut lieu que l'Occident ne veuille copier les chefs d’œuvres locaux ... Pour finir, une balade dans le grand jardin qui longe le fleuve : ambiance champêtre et festive, les couples de jeunes futurs mariés font leurs photos officielles, les pêcheurs s'activent sur les jetées (qu'en est-il de la pollution ?), les promeneurs profitent de la vue sur le fleuve et la ville moderne au loin.



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