Magne... ifique
Nous descendons tout au sud du Péloponnèse, à l’extrémité de sa pointe centrale, le Magne, un bout du monde qui s’enfonce
dans la Méditerranée. Après le centre
verdoyant, le paysage devient sec et pelé, une proie idéale pour les feux. Et
de fait, toute une partie de la côte où nous séjournons, à côté de Kotronas, est ravagée par des
incendies, ne laissant que des oliviers noircis et des squelettes d’arbustes,
un paysage de désolation. Nous apprenons que les flammes ont tout détruit il y
a quinze jours seulement, sévissant trois jours durant, menaçant plusieurs
villages et anéantissant quelques maisons isolées. Et pourtant, nous avons pendant
notre séjour maniote une météo
complètement atypique : températures fraîches (de 12 à 20°C !), vents
violents, orages et pluies abondantes, alors que la région est une des plus
sèches et chaudes de Grèce.
Heureusement, plus au sud, la côte n’a pas été touchée. Dans
un paysage austère, on traverse des villages, d’abord vivants, mais qui se
dépeuplent au fur et à mesure que l’on progresse. Les tours fortifiées caractéristiques
de la région prolifèrent, souvent à l’abandon même si quelques-unes restent
habitées et que d’autres tentent une reconversion dans le tourisme. Déambulant
dans l’un ou l’autre de ces villages, les herbes folles jaillissent entre les
pierres des ruines nombreuses, quelques compteurs électriques et rideaux aux fenêtres
montrent que la vie subsiste encore par endroit, mais l’ensemble a quand même
des allures de ville fantôme, comme Vathia
perchée sur son épine dorsale. On aborde la pointe de la presqu’île, le cap Ténaro, la vue plongeante qui s’offre à
nous vaut le déplacement : la pointe tout au bout avec son phare, deux
baies qui se tournent le dos de chaque côté, un petit port où un tourisme
largement local a réussi à s’implanter. La balade pour rejoindre le phare dans
la caillasse est belle et vaut l’effort sous un soleil revenu provisoirement.
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| Presqu'île de Ténaro |
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| Village de Vathia |
Le soir venu, nous quittons notre gîte perdu pour nous balader et sustenter dans la petite ville voisine d’Areopoli. La route poussiéreuse qui traverse l’endroit n’incite guère à faire escale, et pourtant, il faut faire l’effort de s’arrêter et de s’enfoncer dans la vieille ville largement piétonnisée. La première chose qui frappe est que le tourisme est actif en cette mi-juillet, mais qu’il est très majoritairement grec. Une foule bon enfant, avec beaucoup d’enfants justement, déambule dans les ruelles. Une foultitude de bars et restos colorés se succèdent dans la rue pavée qui tient lieu de grand-rue, les parents prennent un « Café Frappé » à la terrasse avant d’aller dîner (sur les coups de 9 – 10 heures, c’est presque l’heure andalouse) tandis que les enfants jouent au foot ou zigzaguent en vélo dans la foule. Plus loin, après l’animation des guinguettes, le calme revient : une croquignolette église en pierre rassemble autour d’elle des maisons blanches pourvues d’une végétation flamboyante, devant lesquelles les habitants ont sorti leurs chaises pour prendre le frais le soir venu.








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