Rives & rêves de Ré


Une semaine sur la côte Atlantique, pour encore une fois rebattre les sentiers maritimes autour de notre résidence rochelaise. D'abord sur l'île de Ré, pour une longue balade de 22 bornes en boucle au centre de l'île. Depuis la Flotte et son cours de style provençal, on rejoint la métropole de Saint-Martin, épicentre rhétais, en longeant les bars à huîtres des ostréiculteurs, toujours aussi attirants avec leur vue imprenable sur la côte vendéenne, même quand on n'aime pas les huîtres. Après un déjeuner sous le soleil printanier aux Colonnes, fish and chips british au menu, l'on traverse l'île jusqu'au Bois-Plage, croisant au passage quelques lapins de garennes batifolant sur le sable. En retournant vers la Flotte, nous traversons un bucolique bois, repaire d'oiseaux géré par la LPO, avant de rejoindre la Grainetière. Étonnant lieu, naguère grande exploitation viticole transformée en demeure bourgeoise, avant d’être aménagée en centre de vacances, qui fut racheté un temps par la ville de Reims, devenu aujourd'hui un centre de loisirs.

 

Un autre jour, une pointe dans le nord vers Marsilly. Un petite bout d'Afrique Australe en Aunis, avec sa ferme aux autruches, plus d'une centaine de ratites qui vivent sur un coin de terre avant de finir en steak ou en pâté pour les carnivores des environs, en quête de saveurs nouvelles. Puis une balade le long du pertuis vendéen, sur lequel s'alignent les carrelets aux filets - hamacs, passant par des lieudits aux noms évocateurs, du Coup de Vague au Pas de l'Assassin, chers à Georges Simenon.

A l'opposé, vers le sud, c'est Fouras qui nous accueille pour l'après-midi, le long de la plage nord et du boulevard de l'Océan avec leur enfilade de villas balnéaires dont les noms naïfs rappellent le siècle passé, jusqu'au fort de l'Aiguille sur la pointe de la Fumée. Puis la Grande Plage et le monumental fort Vauban, pointant sur le mythique Fort Boyard au large. A ce propos, une exposition en plein air prend la forme d'un historique du fameux fort de la télévision (et du cinéma - les Aventuriers d'Enrico), retracé à coup de dessins et d'images, pour aboutir au projet devenu indispensable de restauration du paquebot de pierre, et solliciter la participation des passants, obole que nous versons fort volontiers en souvenir des tigres, nain et père Fouras d'antan.


Une dernière incursion me fait délaisser la mer pour l'intérieur des terres et une visite très intéressée à la microbrasserie des Brasseurs Cueilleurs, à Landrais. Une brasserie qui propose des bières originales, parfois surprenantes, pas toujours réussies certes, mais qui sortent des sentiers battus, comme celle-là qui contient 1% ... d'huître ! Un bête hangar métallique à côté d'un silo, dans une sorte de cour de ferme, rien de bien folichon, avec un patron guère prolixe, et un espace spartiate pour déguster une Plouf en guise d'apéritif. Mais le coffre de la voiture est bien plein en repartant, de ces drôles de nectars qui feront mon bonheur pour quelques semaines.


 

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