Montargis à la croisée des chemins

 

Je me trouve à Montargis à la veille du second tour des élections municipales. Me promenant dans les rues du centre, quelques réflexions m'assaillent. Si la rue Dorée est très commerçante et animée, la voisine et perpendiculaire rue du Général Leclerc en est l'antithèse, avec des commerces presque tous fermés et des affiches à répétition annonçant les actions en cours de la mairie, sans grands résultats de toute évidence. Ensuite, ce vendredi est aussi le jour de la fin du ramadan et de la rupture du jeûne ; conséquence, de nombreux habitants, jeunes et moins jeunes, se promènent en ville en tenues de fête, djellabas brodées, babouches colorées, et cela parle un peu fort, ce qui n'est pas au goût de tout le monde, comme ce couple de vieux Montargois qui crache au passage "Regarde où en est arrivée la France !". Et puis non loin du centre ville, des quartiers populaires alignent quelques barres, certes loin de celles du 9-3, mais l'ambiance y semble différente. On comprend donc que l'atmosphère politique est bouillonnante avec un ballottage très serré entre liste de gauche, maire sortant de droite et jeune loup estampillé RN en conquête de territoire. J'apprendrai deux jours plus tard que c'est l'extrême droite qui l'emporte en faisant tomber le sortant, qui avait pourtant tenté de réveiller la ville, réussissant aussi à attirer des touristes avec son joli cadre fluvial. En même temps, je tombe dans Le Monde sur une série très instructive de plus de 20 articles, publiés sur deux mois, traçant un panoramique de toutes les facettes de cette ville à la frontière de la province et de la région parisienne. Ce sera intéressant de voir comme tout cela évolue dans les années à venir ...

 

Il y a en tout cas pas mal de bars et de restaurants, plutôt fréquentés. Je m'arrête le premier midi dans un restaurant à l'ambiance chti (!), les Pitchouns, gentiment décoré avec affiches, enseignes, accessoires rétros. Le patron est fort disert et un peu approximatif au niveau service, et la chère est correcte, sans plus (un burger d'effiloché de canard !). Le lendemain, je passe du Nord au Proche-Orient, au Château d'Alep, tenu par un jeune Syrien qui concocte des spécialités de son pays, fort bien composées (houmous, taboulé, falafels) dans un joli cadre oriental. Enfin, je loge pour une nuit non loin de là dans un appartement de l'Hôtel Particulier Cour Dupont, du banal, mais confortable et opérationnel. En repartant, je fais un arrêt à la Confiserie Mazet, qui fabrique depuis des siècles la spécialité locale, les fameuses Pralisnes de Montargis (depuis 1636 !), dans la boutique historique un peu sombre en face de l'église.

 



 

Le soir venu, je sors pour cette expérience toujours intéressante de refaire de nuit les endroits traversés de jour. Les lumières se reflètent dans l'eau du canal, quelques façades sont joliment éclairées, et il n'y a guère de monde dans les rues, sauf autour des quelques bars de service, mais ça vaut l'effort de ressortir.

 


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