La Venise du Gâtinais
Montargis dans le Loiret tente d'attirer le chaland en se targuant d'être une énième "Petite Venise" française. C'est pourtant l'argument qui me décide à aller tenter ma chance dans cette petite ville de 15.000 habitants, à la lisière de l'Ile-de-France, sur la base de quelques photos de reflets dans l'eau sur le site de l'office de tourisme local, vantant la Venise du Gâtinais, avec 132 ponts et passerelles, excusez du peu, reliant des rues traversées par le Canal de Briare, le Loing et d'autres bras d'eau. Je me méfie un peu de ce qui pourrait ressembler à un attrape-touristes, et je suis tout de suite conquis par l'itinéraire au fil de l'eau que je parcours dès mon arrivée via le train. Le Circuit des Ponts m'emmène d'abord le long du canal, dans lequel se reflètent de beaux hôtels Renaissance, profitant d'un ciel immaculé, ainsi qu'une péniche bleue fraîchement repeinte, hébergeant un bar aquatique branché. On remarque aussi plusieurs tourelles, reliefs des anciens remparts de la ville, souvent incluses aujourd'hui dans des maisons bourgeoises plus récentes.
Plus loin, quelques bras s'enfoncent dans le Quartier de la Pêcherie, ancien habitat des pêcheurs locaux, se faufilant entre maisons à colombages dont les balcons en bois dominent une calme onde, tandis que les quais sont l'apanage de cafés et restos qui attirent les locaux en quête d'une table au soleil pour déjeuner. Les ponts hésitent entre pierre et métal, culminant avec cette élégante passerelle Victor-Hugo, construite il y a plus d'un siècle sur des plans de Gustave Eiffel. Versant pierre, ce sont plusieurs ponts du 19ème siècle qui se succèdent, du Puiseaux à Girodet, de Berle à Périer. Vraiment une superbe balade, variée et riche en vues, zigzaguant dans le et autour du centre historique de Montargis.
Revenant sur le canal, on tombe sur l'écluse de la Marolle, avec sa maisonnette de garde-écluse aux volets bleus, veillant sur le passage du canal de Briare. Le lendemain, je poursuis ma balade vers le sud, toujours en longeant le canal, pour aller explorer la campagne montargoise. Après le petit port de plaisance, où des bateaux vous proposent des excursions aux beaux jours, le chemin de halage vous emmène jusqu'au moulin Bardin, à Amilly. Cet ancien moulin du 15ème siècle était double au départ, l'un pour le blé, l'autre pour le tan (tannage). Le moulin à blé fut reconstruit en 1860 au bord du canal, avec la maison du meunier de l'autre côté, accessible par une passerelle métallique. L'ensemble a beaucoup de charme, comme semble vouloir me l'indiquer l'oie qui me précède avec décision sur le chemin. Le moulin a été restauré récemment, mais n'est ouvert qu'à certaines époques. On peut cependant voir dehors les deux meules qui servaient à broyer le blé.
Traversant le Loing qui longe le canal, bien caché dans les bois, on tombe sur le Parc des Savoies et Népruns, établi autour des gravières résultant des creusages pour construire la Nationale non loin de là. La nature a repris ses droits, et plusieurs vastes étangs attirent désormais les oiseaux, avec même un aguet pour les observer. J'ai le parc pour moi seul, ou presque, jusqu'à ce qu'un gros chien vienne me bondir dessus au détour du sentier, mal contrôlé par ses maîtres - plus de peur que de mal ! Sur le chemin du retour, tout près du vieux Montargis, le Lac des Closeaux est un autre vaste espace, autour duquel on trouve le centre Nautique ou une piscine.
L’Église Sainte-Madeleine est le cœur de la ville. On y remarque le très élancé vaisseau central, dans le mode église-halle. Et des vitraux colorés et homogènes du 19ème, venant d'un atelier tourangeau, dont représente la conversion de Japonais, attirant même des touristes nippons.
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