Grenoble effleurée
Mon chemin de retour depuis le Vercors me fait faire étape à Grenoble, d'où je reprendrai le TGV vers Paris. C'est l'occasion d'en faire un rapide tour, un après-midi, d'une ville que je connais peu, y étant passé brièvement il y a plus de quarante années. Le temps estival persiste, dans la cuvette grenobloise où le mercure monte ce jour-là jusqu'à 32 degrés. La ville me laisse sur une impression mitigée. Elle est vivante, jeune, branchée, vivant à cent à l'heure. Et (revers de la médaille) apparaît aussi assez sale, un peu négligée, avec une faune peu ragoûtante ici et là. Mais bon, elle semble quand même bien agréable sous le soleil, tandis que je longe l'Isère qui la traverse. Depuis la voie de Corat et la rive sud, le regard accroche le fort de la Bastille qui regarde la ville depuis ses hauteurs. On peut y accéder par les "bulles", sans doute image la plus connue de la ville, ces capsules colorées qui montent à l'assaut de la citadelle par grappes de quatre. Je pense embarquer pour profiter de la vue, mais la file d'attente en ce samedi ensoleillé me décourage rapidement. Je traverse le Pont Saint-Laurent suspendu, réservé aux cyclistes, nombreux, et aux piétons pour continuer la balade sur le Quai de France et son enfilade d'étroites maisons aux tons pastels.
Une des caractéristiques de la ville est sa situation à la croisée des vallées de l'Isère et du Drac, encerclée de montagnes. Ce qui fait qu'où que l'on soit dans Grenoble, la perspective d'une des rues qui file droit s'empale inévitablement sur une éminence, un rocher, une montagne, comme Chartreuse, Belledonne ou massif du Vercors. Revenu dans la vieille ville, je flâne au détour des jardins et des monuments. La Place Victor Hugo, et sa fontaine, lieu de prélassement de la jeunesse du cru, l'active rue Félix Poulat où cohabitent tramway et "serial shoppers", donnant sur la place Grenette, son épicentre. Puis plus près de l'Isère, le palais majestueux du Parlement du Dauphiné, au style éclectique, imposant, mais paraissant en déshérence, avec ses deux grandes portes métalliques grises qui le dénaturent, devant une place Saint-André déserte. Juste à côté, c'est au Jardin de Ville que la foule du week-end se presse, cherchant un peu de fraîcheur et de verdure.
Mais je ne peux en quelques heures qu'effleurer Grenoble. Je n'ai pas le temps d'aller parcourir des quartiers plus modernes. Celui de la Préfecture et du Parc Paul Mistral, où les amateurs de sport se donnent rendez-vous au Stade des Alpes ou à l'anneau de vitesse. Ou la confluence Isère - Drac, le Polygone Scientifique où se retrouvent la fine fleur de l'innovation en matière de sciences, avec le Synchrotron, le CEA, divers Instituts de Recherche et quelques "licornes". C'est surtout dans ces lieux que bat le cœur industrieux de cette ville dynamique. Voilà qui me donnera la motivation d'y revenir et de la vraiment découvrir.
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