Aux portes de Paris le Vexin
Classique week-end automnal non loin de Paris, cette année sur le versant occidental, aux confins de la Normandie, dans le Vexin français. Nous logeons non loin de Magny-en-Vexin, où nous amène nos emplettes du vendredi soir. Cette bourgade de 5.000 habitants était un relais de poste pour les diligences sur la route de Paris à Rouen. Il reste encore de cette époque les piliers de la rue de Crosne, en plein chantier ces jours là. Quelques maisons anciennes à pans de bois rappellent aussi ces temps révolus, telles la maison de Henri II, celle du Vieil Ecu ou encore l'Hôtel de Crosne. Sans oublier Notre-Dame-de-la-Nativité, en pleine restauration, et son calvaire qui lui donne un petit air breton. La ville tente de survivre tant bien que mal, non sans difficulté comme le montre l'état de l'ancien restaurant bourgeois du Grand Cerf, depuis plus de dix années à l'abandon.
Non loin de là se niche le Domaine de Villarceaux, méconnue propriété historique du département du Val d'Oise, qui mérite d'y passer une demi-journée. Sous la houlette d'une guide passionnée et érudite, nous le parcourons en près de trois heures. Un site vallonné, un vaste parc avec bassins et canaux, des jardins Renaissance, et deux châteaux, le manoir du XIIIème et un château de style Louis XV. Le château d'en bas, le manoir, abrita les amours de Ninon de Lenclos et du marquis de Villarceaux, et présente un intérieur richement décoré, boiseries et plafonds peints, portraits de dames.
Le château du haut, reconstitué en l'état du XVIIIème siècle, enchaîne grand salon et vestibule, bibliothèque et chambre de marquise, meublés d'origine, où séjourna la future Madame de Maintenon, alias veuve Scarron, comme le rappelle le grand portrait nu, au parfum de scandale, que le propriétaire des lieux et amoureux notoire de la donzelle, réalisa en catimini. Depuis sa terrasse perchée, un vertugadin (pente de pelouse amenant au pied de la butte) nous ramène au cheminement autour du bassin. Une très belle visite d'une rare richesse dans un cadre magnifique, à ne pas manquer.
Nous logeons durant ce week-end au Petit Saint-Léger, une belle demeure, propriété de Parisiens nantis qui y louent une dépendance aux visiteurs de passage. A l'intérieur, la cuisine exiguë est compensée par un bel espace aménagé sous la toiture. Sortant du domaine, nous sommes tout de suite dans les bois pour respirer le bon air normand, munis de gilets jaunes afin de nous faire repérer des chasseurs dont les tirs épisodiques déchirent le calme ambiant. Nous revenons par le village voisin de Villers-en-Arthie, où là aussi, quelques maisons cossues, ou un château encore habité, rappellent que la métropole parisienne n'est pas bien éloignée, en faisant un lieu de villégiature apprécié des notables. Une palanquée de scout(e)s parcourant le village à la sortie de la masse sont une autre indication du succès de la région.
La dernière visite avant le retour du dimanche soir est pour La Roche Guyon, sur les bords de Seine non loin de là. Elle est réputée pour son château monumental, reconstruit il y a 300 ans par le famille de La Rochefoucauld, où nous n'aurons pas le temps de déambuler. Celui-ci est surmonté d'un donjon médiéval, flanqué d'un vaste potager fruitier aux triangles impeccablement juxtaposés, et donnant sur une terrasse offrant de belles perspectives vers la vallée de Seine.
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