Les mosaïques de Volubilis
Volubilis, ses ruines romaines, voilà un nom qui me parle, pourtant je n'ai pas trouvé trace d'une visite en ces lieux, en 1970 par exemple. Alors peut-être n'y suis-je jamais allé ... J'ai en tout cas réservé un taxi pour l'après-midi à mon hôtel, et il nous faut une demi-heure pour rejoindre le site au nord de Meknès, à travers la campagne. Il est posé dans la plaine, tandis que vers l'ouest se profile le massif du Zerhoun, et la ville sainte de Moulay Idriss dont je parlerai plus loin. Il m'a été conseillé de prendre un guide pour une découverte plus complète, je me plie à la suggestion, et accepte les propositions d'un guide juste après l'entrée, après une brève négociation. Mauvaise pioche ! Celui-ci est assez désinvolte, limite je-m'en-foutiste, son français peu convaincant, ses explications n'amènent pas grand chose, et de plus il a l'air bien pressé d'en finir, parcourant les allées au pas de charge. Une heure après le début (le délai de visite convenu), il m'annonce que sa tâche est finie, et me laisse en plan, alors que plusieurs lieux n'ont pas encore été parcourus : vraiment pas sérieux. Pour une fois que je prenais un guide, je pense que j'aurais été aussi bien, sinon mieux servi, en combinant mon guide Michelin et les panneaux explicatifs. Mais à part cela, Volubilis vaut vraiment le déplacement, même les restauration ici et là peuvent paraître parfois approximatives. Ce sont les mosaïques qui font d'abord sa réputation ; celles-ci ne sont pas protégées des intempéries comme c'est généralement le cas, et certains motifs ont été "ajustés" en rajoutant ça et là des carreaux de mosaïque colorés. Mais le résultat reste spectaculaire : Diane au bain, les douze travaux d'Hercule, Bacchus sur son char, plusieurs dizaines de superbes compositions peuvent être admirées à l’intérieur des murs des villas les plus huppées, d'autant que l'on peut se rapprocher assez près de ces mosaïques. On est étonné par la dimension des villas dans ce qui était le quartier résidentiel de Volubilis, la Maison de Venus, celle aux Colonnes, celle au Chien ou à l’Éphèbe, leurs noms reprenant l'une ou l'autre des sols ouvragés, toutes construites avec de multiples pièces s'ouvrant sur un atrium central.
Une fois visité le quartier chic et les palais s'alignant le long du Decumanus, la rue centrale menant de l'Arc de Triomphe à la porte Nord, l'on rejoint le quartier sud, le plus ancien où se trouvent ce qu'on appellerait aujourd'hui les équipements collectifs : l'huilerie et les Thermes, la boulangerie et la basilique civile, à côté du forum, le temple du Capitole et l'Arc de Triomphe, érigé à la gloire de Caracalla au 3ème siècle. Ces différents monuments racontent l’histoire de la ville romaine, créée en l'an 40 quand Caligula annexa la Maurétanie, le Maroc d'aujourd'hui, et transforma Volubilis pour en faire sa capitale. La ville dut sa prospérité à la culture d'oliviers et au commerce de l'huile, avant de décliner deux siècles plus tard, quand l'administration romaine quitta les lieux. Mais elle continua d'être habitée des siècles durant, par une communauté chrétienne, puis musulmane, avant d'être abandonnée, puis découverte par les Français à la fin du 19ème siècle. Les temples et colonnes reconstruites à la faveur de ces fouilles redonnent au site une verticalité qui, même si elle est un peu artificielle, a fière allure, l'ocre des pierres tranchant avec le verdoyant paysage alentour et la silhouette de la montagne un peu plus loin.
Sur le chemin du retour, non loin de là, je fais un bref stop dans la ville de Moulay Idriss, installée sur deux éperons rocheux entre lesquels s'étale la place centrale, qui amène vers le mausolée où repose Idriss 1er, le "père du Maroc", auquel on ne peut bien sûr point accéder. Je me balade un peu sur la place où l'animation est vive en cette fin d'après-midi, avec ses ânes harnachés et son marché aux fruits.
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