La campagne de Rabat
Ma mission a lieu chez PHI, à l'intérieur des terres, à une trentaine de kilomètres de la capitale Rabat. J'ai déjà eu l'occasion d'y dispenser une formation d'une journée il y a deux ans, dans des conditions guère satisfaisantes. Les choses ne se sont pas améliorées et l'organisation encore plus déplorable que la fois précédente : salle non réservée, stagiaires pas prévenus, responsables absents, horaires non respectés, tout part à vau l'eau. Ce sera la dernière fois que j'officierai sur ce site, me promets-je. Au moins les cigognes sont-elles toujours aussi nombreuses sur les poteaux où elles nichent dans le jardin, voilà qui amène un peu de baume au cœur. Comme mon programme s'étale sur deux jours, et pour éviter le trajet d'une heure depuis Casablanca, je suis logé dans une "auberge" à Om Azza, non loin du site. Je suis curieux de voir à quoi ressemble une "auberge" en ces contrées, et la route que prend mon taxi pour m'y amener traverse une campagne étonnamment verdoyante ; il est vrai que l'on m'a dit que le mois de mars a été anormalement pluvieux cette année. Au bout d"un chemin de terre, nous entrons dans un centre hippique, le Ranch des Oliviers, avec manège, pur-sangs broutant, vans pour le transport. Et au fond du domaine, un bâtiment ocre comportant quelques chambres en enfilade. Ma valise est déjà là, je m'installe dans la chambre vaste et sobre (mais il s'avérera plus tard qu'il n'y a pas d'eau chaude). Je suis le seul pensionnaire et le calme est absolu ! Rien à voir avec le bruyant appartement où je loge à Casa. Je fais un petit tour sur les chemins environnants, tout aussi endormis, jusqu'à ce qu'une averse me fasse rejoindre mes pénates d'un soir, ce seront d'ailleurs les seules intempéries de ma semaine.
Pour le dîner, je rejoins une sorte de club-house, composé de quelques tables pour déjeuner, d'un coin lecture, et décoré de nombreuses coupes, glanés lors de compétitions d'équitation locales. Derrière la maison, une piscine attend sans doute la saison pour être opérationnelle. Depuis la terrasse, la vue s'étend jusqu'à l'Oued Grou, transformé en lac de barrage pour alimenter en eau la région, sous un ciel bien gris. J'aurai eu de la chance pourtant, mes deux jours de travail correspondent aux deux journées sans soleil du séjour. J'attends mon dîner dans le "restaurant", et la dame que j'ai vue à mon arrivée, habillée d'un caftan et hijab dans le style traditionnel, arrive de la villa voisine avec mon repas, probablement prélevé sur leur propre dîner. C'est ma foi copieux et bon, une salade composée joliment présentée, un poulet au citron et olives goûteux, du 100% local qui me conforte dans mon observation que la cuisine marocaine est bien la meilleure du Maghreb.
Après ma seconde journée sur le site de Ain El Aouda, le taxi revient me chercher pour m'amener à la gare centrale de Rabat, où je dois prendre le train pour Meknès. Malgré son français un peu hésitant, nous arrivons à discuter : il me parle de sa passion le football, partagée avec de nombreux Marocains, comme l'indiquent les bars remplis dans la semaine de téléspectateurs venus voir les matches de Ligue des Champions (le meilleur joueur marocain joue d'ailleurs à Paris). Et des prochaines compétitions qui vont se dérouler dans son pays, la CAN (Coupe d'Afrique) l'année prochaine, et surtout la Coupe du Monde en 2030, partagée avec l'Espagne et le Portugal voisins.
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