Opération JOs à Paris
Depuis un an déjà, j'ai mes billets pour les Jeux Olympiques qui ont lieu cet été 2024 à Paris, une occasion unique dans une vie que je ne pouvais pas manquer. J'ai donc pris des billets pour 7 épreuves, la première semaine, la plupart en double pour pouvoir inviter famille ou amis. Nous sommes rentrés de La Rochelle le vendredi puisque "mes" épreuves commencent dès le samedi, juste le temps d'apprécier le soir l'époustouflante cérémonie d'ouverture, sur la Seine et sous le déluge. Heureusement, les cieux sont plus cléments ce samedi, quand nous nous rendons avec mon épouse au Stade de France, à Saint-Denis, pour la phase finale du Rugby à VII hommes. Si nous connaissons assez bien la version classique, à 15, après moult Tournois des 6 Nations et Coupes du Monde, cette formule réduite à 7 joueurs, sans avants, sur 20 minutes de jeu seulement, est nouvelle pour nous (et pour beaucoup d'autres). Le jeu est rapide, enlevé, les situations changent vite, c'est vraiment spectaculaire. Et comme en plus l'équipe de France, pourtant loin d'être favorite, joue bien et retourne la situation en finale face aux Fidji pour largement l'emporter, inutile de préciser que l'ambiance est incroyable, dans un stade rempli de 80.000 supporters déchaînés, un vrai frisson pour ce qui restera sans doute mon "highlight" des jeux, de visu en tout cas. Côté organisation de surcroît, tout est fluide et remarquablement organisé : les contrôles de sécurité, l'accès au stade et aux places, la sortie, la gestion du flux des transports en commun. Comme quoi on peut aussi être des organisateurs et au top en France...
Dès le lendemain, je remets cela, me tournant vers l'Est francilien cette fois, en compagnie de ma fille pour les finales de kayak slalom, sur le plan d'eau de Vaires-sur-Marne. Je connais bien ce plan d'eau, destination de promenades, à vélo ou à pied, depuis belle lurette, car pas très éloigné de notre home nocéen. Mais il a été complètement refait pour accueillir les compétitions olympiques d'aviron et de canoë-kayak. Une rivière artificielle en béton a ainsi été installée pour les épreuves en eaux vives, permettant de générer des remous artificiels face auxquels les compétiteurs doivent user de toute leur technique pour slalomer et franchir les portes. Une haute tribune, hébergeant 14.000 spectateurs (je n'aurai jamais imaginé un tel nombre), a été dressée au-dessus de la rivière, permettant d'avoir une vue panoramique sur l'ensemble du parcours, de nos places haut perchées, avec bien sûr plusieurs écrans pour suivre le détail des franchissements ou les temps des concurrents. Cette fois, la Française en lice ne brille guère, mais les spectateurs internationaux, britanniques, allemands, australiens même, encouragent bruyamment leurs poulains. C'est au final l'Australienne qui l'emporte, et la France un petit peu aussi puisque cette "wallaby" est née à Marseille, et détient la double nationalité ! Nous sommes encore agréablement surpris par l'organisation, une multitude de bénévoles qui vous aident à chaque pas ou presque, et des forces de l'ordre à la fois omniprésentes et discrètes.
Après une journée de relâche, je repars le mardi à Saint-Denis, jusqu'au nouveau Centre Nautique Olympique juste à côté du Stade de France. Si je vais y voir du water-polo, ce n'est pas tant par passion pour ce sport, que je connais à peine, mais bien pour découvrir les lignes architecturales de ce nouveau lieu consacré à la natation à Paris, conçu spécialement pour les Jeux. J'y ai une vue plongeante sur le bassin où se déroulent les deux matches de l'après-midi, mais je dois avouer que je trouve ce sport peu spectaculaire, aux règles obscures et au déroulement un répétitif. Encore heureux que ce soit l'équipe de France qui joue contre le Japon, et qui de plus gagne dans ce qui sera son seul succès, ce qui au moins amène de l'ambiance autour du bassin.
Le lendemain, je poursuis mon tour des sites olympiques de ces Jeux 2024, me rendant cette fois dans Paris même, du côté de la Porte de Versailles où le Parc des Expositions a cédé la place à différents sports. Pour moi, ce sera un retour à mes amours d'antan, à savoir le tennis de table que je pratiquai à un niveau régional il y a quelques décennies. Je m'y rends avec mon frère, lui aussi un ancien pongiste, de très bon niveau, avec qui nous allons auparavant déjeuner avec une cousine alsacienne et sa famille, venus par hasard à la même session que nous. Encore une fois, l'atmosphère est incandescente à l'intérieur de la grande halle dans l'obscurité. Il est vrai que j'ai bien "choisi" mon créneau, les deux frères Lebrun y sont qualifiés en huitièmes de finale : le petit frère se qualifie après un match au couteau, en sept sets, contre un Allemand, tandis que le grand frère est éliminé par un Brésilien plus fort que lui. Mais quels échanges dans un vacarme saisissant entre les points !
Puis direction le nord de Paris, vers la Porte de la Chapelle, en compagnie de mon fils cette fois, pour un autre sport que je pratique par contre toujours en club, le badminton. L'ambiance est plus feutrée que pour le tennis de table la veille, sauf en fin de programme, juste devant nous, lorsque le dernier Français encore en lice accroche un set durant un Malaisien qui finit par l'emporter. Le badminton est un sport dominé outrageusement par les Asiatiques, les Chinois bien sûr, mais aussi Indiens, Japonais, Coréens, Indonésiens, etc..., qui se partagent toutes les médailles, avec juste parfois un Danois pour contester un temps cette hégémonie. Mais c'est spectaculaire, surtout quand on connait un peu la technique du badminton, et que l'on observe avec quelle facilité ils exécutent des coups qui sont si compliqués à réaliser à son humble niveau.
Le samedi, je retrouve le plan d'eau de Vaires, en eaux calmes cette fois pour les dernières épreuves d'aviron de la semaine. Ce matin, ce sont les épreuves reines du skiff (un seul rameur) et du huit (les "gros" bateaux) qui clôturent la compétition. Pas de Français, ce sont bien les étrangers qui amènent l'ambiance, surtout des Européens, Néerlandais, Allemands et Britanniques en tête, qui affluent pour peupler les gradins. J'ai l'occasion de les côtoyer un certain temps : je suis cette fois venu à vélo, et dois me garer assez loin du bassin, j'ai donc tout loisir d'observer le look des spectateurs qui suivent le même trajet que moi. Mais à l'inverse du kayak en rivière, l'aviron en ligne est bien moins spectaculaire et moins "visible" : nous sommes placés, avec ma belle-sœur, à 200 mètres de l'arrivée, sur un parcours de 2.000 mètres à compter du départ à l'autre extrémité du bassin. On se contente donc de suivre (longtemps) la course sur un des grands écrans, on s'échauffe un peu au passage des bateaux, avant de regarder l'arrivée à nouveau sur l'écran : un peu frustrant quand même, même si cela ne semble pas déranger nos voisins de tous horizons, sûrement des amateurs habitués à ce déroulé.
Dernière sortie le dimanche, pour un retour au Stade de France où commencent les épreuves d'athlétisme, mon sport favori depuis que je suis jeune, et que je vais voir quand je peux à Paris, notamment au Stade Charléty. Les places pour les finales en soirées sont à des tarifs indécents, j'ai donc opté pour une session du matin, et c'est un bon choix. Les gradins sont remplis, près de 80.000 personnes pour ces épreuves de qualification, c'est assez incroyable, et le public fait un bruit du tonnerre de Dieu lorsqu'un Français se pointe en bout de piste. Et comme ce sont les qualifications, ils n'ont pas encore eu le temps de se faire éliminer, et sont donc nombreux à tenter leur chance, avec des fortunes diverses, certains semblant avoir du mal à absorber la ferveur d'un public qui frise parfois le chauvinisme. En tout cas, le spectacle est permanent, les courses se succèdent, les concours se déroulent en continu, il y a à voir aux quatre coins du stade, et je me régale, comme les spectateurs autour de moi, Français visiblement néophytes et étrangers davantage connaisseurs. Mais le spectacle est là, l'ambiance aussi, et cette dernière matinée est encore une réussite, d'autant que comme huit jours auparavant, l'organisation est bien huilée, arrivée et départ du stade se déroulant de manière tout à fait fluide.
Voici donc pour cette "parenthèse enchantée", au cours de laquelle j'ai été ravi de me rendre une semaine durant voir différents sports, plus ou moins familiers, malgré les oiseaux de mauvais augure qui prophétisaient le pire. Je pourrai désormais clamer, les Jeux Olympiques à Paris, j'y étais !
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