En Bigorre


Je connais peu les Pyrénées, plutôt le côté est vers la Méditerranée, où je randonnai une semaine durant il y a quelques années, mais vers l'ouest, nada, si ce n'est le Pays Basque plus près de l'océan. Alors quand nos amis niortais nous ont invités à passer les voir cet été, nous avons dit banco, avec la perspective d'ensuite continuer plus au sud vers l'Espagne. Depuis La Rochelle où nous avons passé quelques jours, nous prenons le chemin de Bordeaux, puis de Toulouse, nous arrêtant brièvement pour la traditionnelle pause pique-nique dans le petit village de Landiras chemin faisant. Nous arrivons dans l'après-midi à Beaudéan, dans la Bigorre, où nos amis ont fait l'acquisition d'une petite maison qu'ils ont retapée, et où ils passent l'essentiel de leurs vacances. La route y monte dans la vallée de Lesponne, et comme c'est un cul-de-sac qui finit au Chiroulet, au pied du Lac Bleu, la circulation est limitée. Après nous être installés, nous remontons le long de la rivière Adour de Lesponne et à travers champs, jusqu'au centre bourg où un petit marché d'été propose un peu de production locale, et où je trouve un microbrasseur, qui se trouve habiter juste à côté de nos amis, et qui présente des bières artisanales dont je m'empresse de faire acquisition pour dégustations ultérieures.

Le lendemain, le beau temps est au rendez-vous, c'est l'occasion d'aller se dégourdir les jambes dans la montagne, une petite rando bien tranquille sur le plateau de Payolle, entre 1000 et 1500 mètres d'altitude, le long de la Gaoube, passant devant quelques abris de pierre pour bergers, des vaches paissant dans les prés, puis nous arrêtant pour un déjeuner sur le pouce à la cabane de Sarrède, rénovée par une association et lieu de pause pour les randonneurs du jour. 


Dans l'après-midi, nous nous rendons au lac de Payolle, où il y a foule en cette belle journée. Après un pot sur une terrasse et un tour du lac (2 kms) rapidement expédié, je m'essaie avec notre ami à du kayak sur le lac : c'est plus calme que les eaux vives de Vaires aux JO, pagayer de conserve n'est pas si compliqué. Nous filons sur l'onde, dépassant pédalos et paddleurs, mais l'espace navigable est limité, et après avoir fait deux fois le tour du plan d'eau, en essayant de ne pas importuner les pêcheurs, nous revenons à notre point d'accostage, pas trop fatigués et un peu humides. Dernière étape jusqu'au col d'Aspin voisin (1489 m), mais pas à vélo comme les courageux que nous retrouvons au sommet. Nous ne nous y attardons pas, un œil sur les lacets de chaque côté du col, un autre aux chardons qui égaient les lieux, et aux panneaux constellés de ces foutus autocollants qui polluent tout lieu un peu fréquenté, et nous redescendons dans notre tranquille vallée.

Dernière journée pyrénéenne le lendemain, dès le matin, nous allons faire un tour au village voisin de Campan. Celui-ci tire sa fierté et son pouvoir d'attraction des "mounaques", des mannequins grandeur nature issus de traditions locales, qui parsèment le village, autant chez les particuliers que devant les édifices publics. Ils sont assis dans la rue ou devant les maisons, vous guettent d'une fenêtre ou un balcon, saluant au sein d'un groupe ou endimanchés à l'occasion d'un mariage. On en rencontre ainsi plus d'une centaine en déambulant au hasard des rues, chaque maison ou presque a son mounaque, sans oublier la mairie ou l'église. A l'entrée du village, année olympique oblige, une effigie de perchiste s'apprête à s'essayer à une barre de bambou. C'est vraiment sympa et distrayant comme animation.

Puis nous descendons, cette fois vers Bagnères-de-Bigorre, la "grande" ville locale. Avant la ville, nous faisons notre petite rando du jour au-dessus de celle-ci, à partir du Vallon de Salut, passant devant les Anciens Thermes, désormais musée du marbre local, avant de monter à travers bois jusqu'aux "Allées Dramatiques" (pourquoi ce nom ?), pour pousser jusqu'à la table d'observation du Bédat, belle vue sur les vallées et Bagnères en contrebas, avant de revenir à la ville. Après un bon et désaltérant smoothie absorbé au Café des Thermes, nous faisons le tour du centre. Bagnères est une petite ville bien agréable, où il fait bon vivre, où la sinistrose ne semble pas régner, peut-être grâce au tourisme et à la proximité des Pyrénées. Au fil des ruelles, l'étonnant portail à ciel ouvert, seul élément subsistant de l'Eglise St-Jean, la haute Tour des Jacobins, quelques belles maisons Art Déco, les Halles, sans oublier les Thermes qui restent le principal objet des séjours.

Le dernier soir, nous nous rendons à l'Eglise de Trébons non loin de là, où un concert de chants, religieux et populaires, est donné par une association. Y chantent, mêlant parfois leur voix, une polyphonie du Bigorre et un chanteur corse. Si les chanteurs bigourdans sont de qualité un peu inégale, Paul-André Fattacini le Corse est remarquable, avec une voix d'une pureté rare, un répertoire varié, une interprétation inspirée, une découverte.

Dernier midi, après quelques emplettes alimentaires (charcuterie, pains, confitures), et juste avant de prendre la route direction l'Espagne, nous déjeunons Chez Gabrielle, dans le bourg de Lesponne, où les plats sont consistants, à défaut d'être très élaborés.

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