La Concha de Donostia

Après quelques jours dans les Pyrénées côté français, nous faisons route vers l'Espagne et San Sebastian, capitale de la province de Guipuzcoa, où nous avions fait un bref arrêt il y a une dizaine d'années, en gardant un souvenir vague d'une jolie soirée tapas dans la vieille ville. Cette fois, nous y restons 3 nuits, et prenons nos quartiers dans un quartier récent de San Sebastian, celui de Loiola, niché dans une boucle du fleuve Urumea. Nous logeons au 12ème étage dans un appartement moderne, avec une vue sur les grands immeubles autour, et une petite terrasse dont nous ne profiterons guère. Le lendemain, nous rejoignons le centre et ses plages en traversant le vaste et agréable parc Cristina Enea, avant de traverser l'Urumea au niveau de la place Bilbao. Nous flânons le long de la rue de Guetaria, piétonne, commerçante (arrêt chaussures chez Sketchers !), levant sans cesse le nez pour admirer les élégants buildings de la ville dite moderne du Centro Romantico, en fait fin XIXème début XXème. Nous jetons un œil au passage à la cathédrale néogothique du Bon Pasteur, avant de continuer jusqu'à l'extrémité orientale de la Concha, la célèbre plage en forme de coquille de la ville. Dès le matin, il y a déjà du monde sur le sable et dans l'eau, une rare proximité entre le centre d'une grande ville et des activités balnéaires.

Nous continuons jusqu'au port de plaisance pour remonter sur le mont Urgull, le promontoire qui garde l'entrée de San Sebastian. C'est un parc municipal escarpé qui nous mène jusqu'au Castello de la Mota, surmonté d'une statue de Sacré Coeur, et d'où bien entendu le panorama englobe la Concha et la ville qui la borde de tout son long. Il s'y trouve aussi une petite exposition sur l'histoire de San Sebastian, et notamment l'incendie de 1813 qui ravagea la ville lors de la guerre entre Français et Anglo-Portugais.

Nous redescendons par l'autre côté du mont, pour retraverser l'Urumea, et nous retrouver dans le quartier de Gros, donnant sur la seconde plage de la ville, celle de Zurriola. Si le centre historique de Donostia (le nom basque de San Sebastian) regorge de touristes, les quartiers plus à l'est redeviennent tout de suite plus calmes et plus basques. A son entrée, on ne peut pas louper le Kursaal, une structure moderne en verre dépoli, assez laide ma foi, espace d'expositions et auditorium. A côté, on trouve heureusement quelques beaux immeubles Art Déco, moins ostentatoires que dans le coin romantique en face. Nous y déjeunons d'excellents tapas (boudin, poulpe) à la Bodega Donostarriak, mais il y a foule et nous sommes obligés de piocher dans nos petites assiettes debout, ne traînant pas trop avant de finir sur un fameux gâteau basque dans un petite pâtisserie en face.

Nous finissons notre grand tour oriental de San Sebastian en redescendant le long de l'Urumea, jetant un œil au passage dans une ancienne fabrique de tabac, la Tabakalera, désormais en centre culturel monumental et actif. Puis nous faisons une boucle dans le quartier escarpé d'Egia plus au sud, en pleine mutation, où voisinent de belles maisons surplombant les lieux, et des habitations nettement moins reluisantes. Puis nous revenons dans notre gîte, toujours par le parc de Cristina Enea et l'Urumea.

Deuxième grand tour le lendemain, cette fois-ci vers l'ouest, en commençant par la vieille ville (Parte Vieja), un peu plus calme le matin. Nous nous arrêtons sur Plaza de la Constitution, pour avoir le temps en prenant un apéro, d'admirer cette place rectangulaire bordée sous ses arcades de bâtiments tout droits alignant les portes-fenêtres, chacune munie d'un numéro à deux ou trois chiffres : ceux-ci datent de l'époque où la place accueillait des courses de taureaux, et correspondent aux numéros des loges que devenaient alors les ouvertures sur l'arène.

Passant par le joli et verdoyant parc de place de Guipuzkoa, enchâssé dans le Centre Romantico, l'on rejoint ensuite la fameuse plage de la Concha au niveau de son baroque Hôtel de Ville en face du parc Alderdi Eder, où nous pique-niquons sur un banc. Longeant la plage de la Concha, prolongée par celle de d'Ondarreta, on rejoint le quartier d'Antigua, aux superbes villas qui se succèdent autour de la rue Satrustegi. Puis nous entamons la bonne grimpette qui nous mène sur l'autre mont de la ville, le mont Igueldo. En chemin, le sentier offre de très belles vues sur la ville et sa baie, sans doute le plus beau point de vue sur ce site unique qu'est San Sebastian. L'arrivée sur le sommet du mont est un peu moins enchanteresse : il y a beaucoup de monde, venu en voiture ou par le funiculaire, alors que nous étions quasi seuls sur notre chemin, et pour cause, celui-ci est en fait un parc d'attraction où se pressent parents et enfants pour profiter de manèges, stands, buvettes ou parcours en mini-bateau. Tout cela fait très artificiel, autour des bâtiments un peu kitsch, surtout la tour centrale, qui couronnent le sommet. Après un tour rapide des lieux pour admirer le paysage de chaque côté, nous repartons vite retrouver notre tranquille sentier.

Nous longeons à nouveau les 2 plages, interrompant notre progression pour monter au Palais de Miramar, de style anglais, aux couleurs rose-rouge un peu kitsch, construit par la famille royale espagnole au tournant du XXème siècle. Aujourd'hui ouvert au public, il offre aussi un panorama sympa sur la grande plage et la mer.

Puis un dernier tour vers le centre névralgique nous ramène le long de l'Urumea, sous la lumière vespérale qui illumine le pont Kursaal, et les immeubles Art Déco qui bordent les rives. Puis nous rentrons, en bus, vers notre quartier de résidence, passant devant le stade de la Real Sociedad, le célèbre stade Anoeta.


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