Quand j'erre dans Surgères

Un petit saut à La Rochelle, avant de passer par Angoulême et la BD. Parmi les petites villes du département, je ne me suis pas encore rendu à Surgères, bien que notre train pour la mer s'y arrête systématiquement comme dernier stop. Je prends donc un TGV le matin pour en ressortir dès le premier arrêt, à Surgères. Qui est le centre laitier de la région, comme l'indique la marque 'Surgères' de beurre, et la coopérative Terra Lacta, avec la fameuse AOP Charentes-Poitou. Même si l'activité laitière n'est plus ce qu'elle était, comme le montre la disparition du principal employeur de la ville, le motoriste Poyaud, spécialisé dans les moteurs agricoles, et dont l'absence se voit dès la sortie de la gare, sous la forme d'un grand espace désaffecté. Mais Surgères a aussi une riche histoire, qui remonte au Moyen-Age, quand un château est bâti aussi de la rivière Gères, d'où le nom. Le principal intérêt de la petite ville vient donc de ce "château : en fait de château, on y retrouve surtout ses remparts, qui enserrent plusieurs bâtiments ayant évolué au fil des siècles. La Tour Hélène et l'église Notre-Dame sont ceux qui datent de la fondation médiévale. La tour est le seul vestige du logis seigneurial et se dresse désormais isolée dans l'enceinte, en face de l'église dont on ne peut qu'admirer la magnifique façade romane, bien nettoyée, sur laquelle chapiteaux et corniches abritent un riche bestiaire pétré, avec monstres, dragons, sirènes ou diablotins.


Juste à côté, la Porte Renaissance est moins ancienne (4 siècles, c'est une porte cochère doublée d'une porte piétonne, qui ouvre vers la mairie voisine, et dont colonnes, bucranes, armoiries méritent une rénovation, comme me l'indique en passant une employée municipale. De l'autre côté, c'est un double pont-levis, reconstitué en 2014, qui permet de franchir l'épaisse muraille, devant laquelle les anciennes douves sont désormais en herbe. Au-delà, une vaste esplanade ouvre vers la ville moderne.

Les autres bâtiments sont plus récents, la Mairie correspondant à un logis XVIIIème, constitué de trois appartements qui trônent au-dessus de la pelouse, et constituent aujourd'hui le vrai centre de l'ancien château. Un peu plus loin, c'est une remise, qui servait à entreposer les charrettes, qui a été convertie en médiathèque. Cet ensemble varié et bien aménagé constitue le cœur de la ville, sis juste à côté de son centre commercial.

Je vais aussi me balader dans la partie commerçante, où se signale une belle halle métallique juste derrière le cinéma. En parcourant rues et ruelles, on tombe sur quelques belles demeures bourgeoises ici et là. Je me pose pour déjeuner dans un resto traditionnel, le Vieux Puits, où je me délecte d'un classique menu, bien préparé, constitué d'églefin à la mousse de lieu, et tarte aux figues.

J'ai le temps d'aller un petit plus loin, longeant la Gères, pour retrouver un peu de verdure, via la salle du Lavoir, passant un pont de bois, et traversant le joli Parc du Château qui chante quelques poètes locaux en reproduisant des textes sur des panneaux en bois.

Puis c'est le retour, toujours en TGV, à La Rochelle, où mes activités ne seront guère originales. Toujours pourrais-je noter un déjeuner pris dans le nouveau Café Edgar, sur le chemin du marché central, et où la clientèle se presse, attirée par les prix doux et la belle et courte carte : mes encornets au chorizo et risotto aux poireaux sont tout à fait réussis.



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