Laval dans les 2 sens
Sur la route de Rennes où je vais me balader deux jours, je m'octroie un stop d'une petite journée à Laval, histoire de voir à quoi ressemble la préfecture de la Mayenne. Sorti de la gare TGV vers 10 heures du matin, je me dirige vers la Mayenne justement, sous un ciel bien plombé, jusqu'au viaduc ferroviaire qui surplombe la ville au nord, et d'où l'on peut voir plus bas sur la rivière la vieille ville et son château. Ville de Laval que je vais parcourir dans tous les sens, ce qui tombe bien puisque son nom même est un palindrome qui se lit ... dans les deux sens : LAVAL, CQFD.
Je commence ma visite par le MANAS, le Musée d'Art Naïf et Arts Singuliers, joliment installé dans le vieux château de la ville. Ouvrir ici un musée consacré à l'art naïf se justifie puisque Laval est le lieu de naissance de Henri Rousseau, qui y passa son enfance avant de s'installer à Paris. On s'attend donc à voir des œuvres du fameux Douanier dans ce musée : pas de chance, les trois tableaux qui s'y trouvent habituellement sont tous annoncés "en réfection" ! Mais à côté, il y a foule d'autres tableaux naïfs, un style qui m'a toujours intéressé, bien présentés dans les salles médiévales du château. Le musée a élargi ses collections aux Arts Singuliers, appellation plus vaste qui inclut des œuvres parfois étranges, statues colorées, machines sophistiqués, collages et cartons peints. Je finis par une exposition d'un artiste contemporain, Nomah, aux réalisations plus hermétiques, tandis qu'à l'entrée de la grande salle où il est exposé, une spectaculaire arche composée de tronçons de bois brut accueille les rares visiteurs.
Je traverse la Mayenne pour aller déjeuner sur la rive plus récente de la ville, dans le joli quartier de Saint-Vénérand autour de son église. Dans un restaurant traditionnel, le Petit Saint-Vénérand, bien calme en cette semaine de reprise, un couple d'habitués discute avec la patronne à la table d'à côté. De mon côté, j'apprécie un menu classique de plats bien faits, mille-feuilles sarrasin au crabe, joue de porc et petit légumes, tarte tatin.
Une fois sustenté, je retraverse la Mayenne pour parcourir le quartier médiéval, sur les pentes en dessous du Vieux Château, place de la Trémoille. Quelques jolies maisons à pans de bois et les majestueuses tours des remparts ne parviennent pas à ôter l'impression tenace d'une ville qui somnole, avec des musées et autres attractions quasi tous fermés, château inclus, dans des rues tristes et désolées. Mais la période de début janvier y est sûrement en partie la raison. La Porte Beucheresse est imposante, et se prépare, dans quelques années, à accueillir un espace consacré au Douanier Rousseau qui y naquit.
Je décide de repartir par un TGV pour Rennes un peu plus tôt que prévu. Pas de chance, celui que je dois prendre affiche un retard qui prend de l'ampleur au fil de l'après-midi, tandis que j'attends au chaud dans un troquet, puis à la gare. Après deux heures de vaine attente, je finis par prendre un TER qui m'amène à bon port en fin d'après-midi.
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