Buller à Angoulême
Après mon ballon d'essai l'an passé, je retourne à Angoulême cette année pour le Festival International de la BD, toujours depuis La Rochelle. Tôt jeudi matin, je gagne la gare pour un trajet de deux heures en TER, avec changement à Saintes. Un peu avant d'arriver à Saintes, nous voilà bloqués dans une petite gare, et le conducteur nous annonce que suite à des problèmes avec les passages à niveau, nous devons attendre avant de repartir. Ce n'est que 45 minutes plus tard que nous redémarrons, ce qui me fait manquer la correspondance pour Angoulême. Nous sommes une vingtaine dans ce cas, sans doute des bédéphiles, et la SNCF nous annonce que nous y serons conduits en taxi. Chouette ! Sauf qu'un peu plus tard, aucun taxi n'est disponible paraît-il, et nous voilà contraints d'attendre le prochain train dans deux heures. Plutôt que de patienter dans la petite gare, je vais me promener un peu dans la ville, où nous avions passé une journée l'an dernier. La ville est bien calme en ce mois de janvier, enfouie dans le brouillard et calfeutrée chez elle. L'Abbaye aux Dames est déserte, et la Charente recouverte de brume, tandis que je me promène mollement dans l'ouate ambiante avant de retrouver le cocon de la gare.
Me voici donc à Angoulême avec près de 3 heures de retard sur mes plans, voilà qui va réduire mes ambitions. Je commence mon circuit BD en longeant la Charente jusqu'au Vaisseau Moebius, où est proposée l'exposition consacrée à Riad Sattouf, l'auteur du remarquable "Arabe du Futur" que j'ai lu de A à Z, ou plutôt de B(retagne) à S(yrie). Quelques planches exposées comme souvent, mais aussi des objets reconstituant l'enfance de l'auteur, une salle consacrée à ses films (dont les Beaux Gosses avec son Vincent Lacoste) ou un mur reproduisant les couvertures des éditions étrangères. Le tout est simple et de bon goût, dans un espace quelque peu envahi par de bruyantes hordes de collégiens amenés par leurs profs, mais si cela peut aiguiser leur goût de la BD, pourquoi pas. Non loin de là, de l'autre côté de la Charente, aux Chais / Musée de la BD, je retrouve un autre de mes auteurs fétiches, François Bourgeon dont je dévorais les Passagers du Vent il y a quelques décennies, et je prends plaisir à retrouver ses séries historiques (Isa) ou d'anticipation (Cyann), dont il nous montre et explique la conception. Autre madeleine proustienne, une rétrospective de la revue "Tintin" pour ses 77 ans, qui me rappelle mes années d'enfant, encore un peu plus loin dans le temps. Toujours sur les quais ensoleillés de la Charente, je fais un stop au Musée du Papier pour une expo sur les "Adolescents en Guerre", où je retrouve l'histoire de Madeleine Riffaud, résistante de 40-44, joliment troussée dans des tons bleu nuit par Bertail.
Puis je remonte vers la ville haute pour finir mon rapide tour du festival. Je suis notamment attiré par les dessins de Lorenzo Mattotti, "Attraper la Course", qui a pris prétexte des J.O à venir pour brosser de superbes fresques colorées et dynamiques de coureurs/euses. Un dernier arrêt au petit Hôtel Saint-Simon pour Nine Antico, une dessinatrice touche-à-tout, un peu déroutante pour moi qui reste très classique dans le domaine de la BD. Puis retour TGV classique vers Paris, avec à peine un peu de retard ...
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