Lumières d'hiver à Paris

Sortie hivernale dans Paris Lumière, puisque ce sera le thème de mon après-midi de janvier. Je commence par aller découvrir la Collection Pinault, ce musée d'art moderne créé par le milliardaire dans l'ancienne Bourse du Commerce. Je m'intéresse d'abord au lieu même, cette ancienne halle servant à stocker le blé dès le XVIIIème fut ensuite convertie en Bourse du Commerce pour les marchés à terme agricoles, puis en Chambre de Commerce et d'Industrie, avant donc d'être reprise par Pinault pour son musée. L'endroit est spectaculaire, l'immense rotonde laisse filtrer la lumière du jour, tandis que des galeries permettent de circuler le long de l'anneau en-dessous de la verrière, et ainsi d'admirer les fresques représentant le commerce entre les cinq continents. Sans oublier la monumentale façade et son portail noir et doré. Je vais quand même m'intéresser aux différentes expositions, souvent interloqué, parfois attiré, comme pour ces masques de papier de Mira Schor, ou les vitrines du rez-de-chaussée curieusement revisitées par Edith Dekyndt. Mais le moment marquant sera Mike Kelley, "Ghost and Spirit", des installations étonnantes et parfois dérangeantes à l'étage, et surtout dans l'obscurité, au milieu de la rotonde, les incroyables Kandors, villes du futur sous leurs cloches de verre, jouant avec les couleurs et les reflets, magnifique !


A la tombée de la nuit, je quitte ce lieu insolite pour rejoindre le Jardin des Plantes, en longeant la Seine et les îles Saint-Louis et de la Cité, resplendissante dans leurs lumières d'apparat, se reflétant dans le fleuve à l'heure bleue. Au Jardin des Plantes est proposée mon second objectif lumière de la journée, la Jungle en voie d'illumination, tout aussi remarquable que les cités de Kelley, mais dans un style assez différent. Ce sont des centaines d'animaux et végétaux, venant de quatre continents, qui composent une symphonie colorée au milieu de laquelle on se promène, en plein air, tâchant de ne pas glisser sur le sol gelé, en s'en mettant plein les mirettes de fauves, serpents, éléphants, singes, plantes, qui resplendissent et parfois s'animent dans la nuit glaciale. J'avais un peu peur que cela soit kitsch, mais c'est parfaitement réussi, comme sans doute les éditions précédentes sur d'autres thèmes animaux, puisque c'est déjà la cinquième édition. Le mérite en revient aux concepteurs bien entendu, mais aussi aux artistes qui fabriquent ces structures légères, armature en bois, feuilles de papier, et LEDs pour éclairer le tout : ce sont de fait des lanternes fabriquées dans le Sichuan selon des techniques ancestrales, encore et toujours les Chinois ! On a bien sûr envie de tout photographier, et l'on se promène ainsi plus d'heure - le lieu est vaste - en regrettant de ne pas prendre plus de temps pour s'imprégner le cerveau des couleurs de cette jungle de papier. D'autant que c'est la fin de l'expo et qu'il n'y pas trop de monde en ce début de soirée en semaine.







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