Vodou Strasbourg
Lors de mes rituels déplacements en Alsace, prenant le TER qui me mène de la gare de Strasbourg à celle de Barr, j'étais toujours intrigué par cette grosse tour cylindrique qui affichait fièrement sur ses briques "VODOU", et me promettais d'aller voir de quoi il en retournait. Ayant déniché dans mon emploi du temps un créneau en début d'après-midi, puisque ledit musée n'est ouvert qu'à ce moment-là, j'ai parcouru les 500 mètres qui le séparent de la gare de Strasbourg, avant de reprendre mon TGV vers Paris. C'est d'abord le bâtiment qui s'affiche, atypique pour un musée, un château d'eau construit par les Allemands vers 1880 et qui servait de réservoir pour alimenter les locomotives à vapeur de l'époque, mais aussi de salle de bains pour les employés. Massif, octogonal, avec un soubassement en grès rose, il est couronné de briques jaunes, de croisillons métalliques et de verrières, dans un mélange néo-roman très XIXème.
A l'intérieur, l'ambiance est différente, crépusculaire, avec peu d'éclairage (il est même parfois difficile de lire les notices à côté des œuvres), mais cela convient bien au sujet, et notamment les deux salles basses. La salle intermédiaire est éclairée grâce aux ouvertures, et tout en haut, celle sous la verrière est plus vaste et plus aérée, tandis qu'un escalier central en colimaçon dessert les différents étages.
La mise en scène rend bien l'aspect sombre du thème "vodou", éclairages ciblés, jeux d'ombre et de lumières, objets planqués dans des niches ou suspendus au plafond. J'apprends à cette occasion à différencier le "vodou" africain, avec des pièces éwés, fons ou yorubas, venant du Nigéria, Togo, Bénin, thème central du musée, du "vaudou" américain, notamment celui de Haïti, le plus connu. Les objets eux-mêmes sont étonnants, parfois spectaculaires, comme ce crocodile porteur, parfois cachés sous une couche épaisse de matières sacrificielles, sang notamment, qui en masque la forme. Les croyances qui les sous-tendent sont expliquées en détails, de manière un peu ésotérique pour le scientifique cartésien que je prétends être. Mais l'endroit, et ses collections, valent vraiment le détour depuis la gare.
En dehors de cet intermède muséal, ces deux jours en Alsace ont aussi été l'occasion de l'habituelle randonnée en compagnie de ma sœur, cette fois pour une balade de 3h30, émaillée d'un pique-nique dans la grisaille, au travers des vignobles en limite de forêt, autour de Nothalten, Bernardvillé et Itterswiller.
Et pour finir comme souvent, un mot des libations qui ont rythmé le séjour, en plus de l'excellente côte de bœuf dégustée rue Neuve. Le Lindelplatzel, resto réputé du joli village de Mittelbergheim, pour un excellent combo croustade asperges-morilles, et choucroute de luxe, avec foie gras poêlé notamment, arrosés d'un étonnant pinot rosé. Et le lendemain dans le centre de Strasbourg, déjeuner dans l'ancienne brasserie de l'Espérance, près des quais de l'Ill, où s'est installée une microbrasserie, une de plus, "Au Brasseur". Si le cadre est sympa, objets de cuivre et mobilier en bois, les bières (dégustées en une volée de quatre) sont banales et manquent de caractère.
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