Le tour de Villeneuve

Après Sens, et avant de rentrer en région parisienne, je complète ma visite du Senonais par la petite ville de Villeneuve-sur-Yonne, 30 kilomètres au sud. Cette bourgade de 5000 habitants est peu connue (en tout cas je ne connaissais pas), et a pourtant beaucoup de choses à raconter. Comme sa grande sœur Sens, elle puise ses racines du temps des Gaulois, témoin d'une bataille entre César et les Sénons, puis au Moyen-Age où le roi Louis le Jeune crée la ville et la ceint de remparts pour la protéger. On est surpris en lisant l'histoire de cet endroit de la densité de celle-ci, et des multiples épisodes qui ont émaillé son existence 2000 années durant. Histoire que l'on saisit en parcourant la ville, d'abord par les "boulevards de ceinture", puis par les bords de l'Yonne et le vieux centre.

On part de la Porte de Sens, devant laquelle s'est installée la mairie, flanquée d'un jardin qui amène jusqu'à l'Yonne voisine. Cette mairie est dite aux 95 fenêtres : appliqué, je n'en compte que 80 environ, mais c'est déjà pas mal pour un petit Hôtel de Ville ! De là, un boulevard doublé d'un sentier herbeux longe les anciens remparts, où subsiste notamment une grosse tour ronde, relief d'un donjon du château royal.

  

Vers le sud, le boulevard continue et les maisons qui occupent désormais l'espace verdoyant qui a remplacé les murailles se font plus cossues et plus résidentielles, avec mention spéciale à cette villa Art Nouveau perchée sur le socle de l'une des tours détruites. Un vieux lavoir tout en longueur, aux teintes rouges et à la double toiture, rappelle aussi des temps plus anciens.


On arrive ainsi à l'autre Porte restante, celle de Joigny, une massive tour carrée hérissé de 4 tourelles aux toitures pointues. Celle-ci abrite désormais l'Office de Tourisme, mais aussi un Musée-Galerie Carnot qui vaut l'effort de s'y intéresser. On apprend ainsi que Villeneuve a attiré et abrité des artistes de tous genres, dont le groupe des Nabis (Vuillard, Bonnard, Toulouse-Lautrec...) qui s'y retrouvèrent quelques étés en villégiature, le sculpteur natif de la ville Emile Peynot, ainsi que le poète Stéphane Mallarmé. Le petit musée présente des toiles qui racontent Villeneuve et les paysages de ses environs, parmi lesquels quelques tableaux de Picabia qui y passa lui aussi. Chateaubriand également habita la ville, dont il parle dans Mémoires d'Outre-Tombe. En prime, une exposition temporaire abrite des bateaux, et d'autres objets, mis en bouteille pour un tour de monde créé par un artiste local, Gérard Aubry, présent et qui raconte aux visiteurs comment il fait rentrer ces objets par le petit goulot de bouteilles choisies avec soin : classique et cependant étonnant.

Non loin de là, je m'arrête chez un apiculteur - pâtissier qui produit son miel et concocte des gâteaux à base de celui-ci, la maison Dosnon. Les pains d'épices que j'y achète et que je testerai chez moi s'avèrent délicieusement moelleux. Par le boulevard Emile Peynot, l'enfant du pays, on rejoint les bucoliques bords de l'Yonne pour remonter jusqu'à l'historique pont Saint-Nicolas, vieux de presque un millénaire. Il permet de rejoindre une étroite île d'où la vue sur la vieille ville est intéressante.

La balade se termine dans le centre historique, en passant par l'auberge "La Lucarne aux Chouettes", tenue 15 ans durant par l'actrice Leslie Caron, puis l'église Notre-Dame-de-l'Ascension.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Tassili n'Ajjer, minéral et humain

Ma géographie NBA

De pied en caps à Majorque