Au vent du Sampzon

Après le fiasco d'octobre dernier, nous voici repartis, toujours en famille, à huit, pour la dispersion des cendres du (grand-/beau-)père maternel, dans l'Ardèche. Cette fois, l'urne a bien été ouverte en amont, et nous arrivons au Mont Sampzon, à l'entrée des Gorges de l'Ardèche, près de Ruoms, où il passa d'innombrables mois de vacances 50 années durant. Au moins avons-nous repéré les lieux il y a quelques mois, et nous trouvons l'endroit idéal pour la "cérémonie" : à l'écart des regards, avec une vue magnifique sur les forêts et collines vers le sud-ouest, avec juste ce qu'il faut de brise pour disperser. Chacun y va de sa brassée de cendres, certains racontent une anecdote sur le cher disparu, l'ambiance n'est pas triste, pas solennelle non plus, juste un recueillement enjoué.


Notre devoir accompli, nous pouvons retourner à notre villa près de Lagorce, où nous sommes installés pour les trois jours du week-end de ce 1er mai. C'est une belle maison, vaste et confortable pour nous loger tous, et qui, luxe ultime, propose une piscine de bonne taille, bien chauffée qui plus est. Après les pluies de la première matinée, le soleil revient et le mercure monte, nous permettant de profiter ad libitum de l'eau chaude (et très javellisée), ainsi que de ses alentours pour des épisodes lecture, jeux, apéro et tutti quanti.

Profitant de ce confort, nous ne bougerons pas beaucoup de notre lieu de villégiature, sinon pour aller quérir de quoi nous sustenter. La proximité d'une oliveraie, et d'une opération Portes Ouvertes ce week-end, nous amène cependant à aller nous cultiver sur l'olive et son huile au domaine - moulin de Pontet Fronzèle. Nous commençons par un circuit didactique à travers les oliviers, nous expliquant comment ils sont plantés, taillés, soignés, récoltés, grâce à des panneaux, tandis que la garrigue ardéchoise se déploie devant nous à flanc de coteau. Puis dans la jolie maison aux couleurs chaudes, nous suivons le propriétaire qui nous raconte son métier et sa raison de vivre, faire pousser des oliviers et créer de l'huile d'olive : un personnage que ce monsieur, passionné, hâbleur, intéressant et fatigant à la fois, qui nous occupera plus d'une heure à coups de digressions et de coq-à-l'âne. La visite se termine bien entendu par une dégustation qui nous permet d'apprécier les différences entre ces huiles issues de plusieurs variétés d'olives, à la douceur, à l'acidité, à l'amertume variables. Tout cela est très artisanal, à mille lieues des huiles récoltées et préparées de manière industrielle et mécanisée. Et nous repartons avec quelques bouteilles de liquide doré pour nos salades de l'été prochain.

Une autre excursion depuis notre pied-à-terre nous amène au joli village de Lagorce, à quelques kilomètres de là, à travers champs de lavande, vignes et oliviers. Nous le découvrons perché au sommet d'un étroit éperon rocheux, où l'on se demande comment il tient en équilibre. Le contournant pour arriver par l'autre côté et le ruisseau de Salastre, on le redécouvre étagé sur l'autre versant moins raide de la roche érigée. C'est un village ancien, tout en pierres ancestrales, qui nous amène à y faire des tours et détours, à découvrir ici une ruelle couronnée de deux arches, là un recoin fleuri, là encore une pierre sculptée, tandis que des ifs fièrement dressés lui donne un petit air toscan. Nous le quittons en passant au pied de l'impressionnante falaise qui lui donne cet air de nid d'aigle vu sous son angle occidental.







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