Rochelo combos vélo-rando
Un traditionnel grand week-end à La Rochelle en ce début février, et pour l'occasion, nous combinons nos habituelles sorties à pied et à vélo, en deux occasions, d'abord vers le sud, puis vers le nord-ouest.
Première excursion le vendredi vers la côte sud, pour rejoindre la piste cyclable côtière via le marais de Tasdon, au niveau de la plage d'Aytré. L'endroit est calme en semaine, pas de baigneurs bien entendu, ni de kitesurfeurs ou véliplanchistes, faute de vent. Nous laissons nos vélos pour faire le tour de la Pointe du Chay, Cette pointe qui s'avance dans l'océan a toute une histoire, depuis 200 millions d'années, date à laquelle ont commencé à se superposer des couches de sédiments, dont massifs coralliens ou strates calcaires, chacune contenant son lot de fossiles, oursins, bivalves, gastéropodes et tutti quanti. Plus récemment, ce Chay prend son indépendance et se sépare du continent, séparation vite comblée par du sable et d'autres sédiments formant les marais de Chay, source de sel et d'huîtres. Aujourd'hui, cette pointe est bordée d'une falaise composite, au-dessus de laquelle ont proliféré des plantes spécifiques, parfois très rares, de la catananche bleue à la guimauve hirsute en passant par l'inule des montagnes. Le chemin qui y a été tracé ne permet pas de surplomber la falaise, pour à la fois protéger la végétation et éviter les éboulements, et il faut donc se contenter d'admirer l'empilement sédimentaire de loin. Au large, on embrasse un vaste panorama englobant l'île de Ré à droite, celle d'Oléron en face, l'île d'Aix et
la pointe de Fouras à gauche, avec toujours la silhouette de Fort Boyard en ombre chinoise. En revenant, l'on traverse les marais désormais consacrés à l'ostréiculture, passant devant le fumoir d'Angoulins, où nous avons pris l'habitude de faire des emplettes de poisson fumé selon les règles de l'art, cette fois truite de claires de l'île de Ré, merlu et lieu noir. Puis il est temps de renfourcher nos bicyclettes pour nous en retourner via le Port de Minimes jusqu'à notre home sweet home de la rue Debussy.
Le dimanche suivant, c'est comme souvent hors saison que nous nous dirigeons vers l'île de Ré. Pas en car ou en voiture comme habituellement, mais à vélo, en franchissant le pont de l'île, 4 kilomètres en plein vent pour un dénivelé non négligeable (42 mètres de haut). L'aller, vent de dos, est facile, le retour, vent de face avec de surcroît une pente plus raide, est davantage pénible. Entre les deux, nous abandonnons nos vélos dans le joli village de Rivedoux-Plage, juste après le pont. Ce n'est pas le plus réputé des villages de l'île, ni le plus couru, sans doute trop proche du continent. Si ses racines plongent jusqu'à l'abbaye voisine des Châteliers, le village doit son essor à l'embarcadère (1845) qui accueillait les bateaux accostant sur l'île et qui dura jusqu'à l'inauguration du pont en 1988. Mais ce n'est qu'en 1928 qu'il se détacha de Sainte-Marie pour devenir la dernière commune de Ré. Si elle n'a pas la noblesse de Saint-Martin ou la fraîcheur d'Ars, elle n'en possède pas moins un charme balnéaire, avec sa longue plage en anse depuis laquelle l'on peut guetter la volute du pont à droite, et la rive de la Vendée en face, au-delà des nombreux parcs à huîtres qui parsèment l'estran à marée basse. De là, une boucle de deux heures à pied nous emmène à travers bois, dans une quiétude juste troublée de temps en temps par un coup de feu de chasseurs, jusqu'à la côte sud au niveau des Conches. Le retour se fait le long de la plage sud, plus touristique et balnéaire, alors pourtant que la vue sur le port de La Pallice est bien moins attrayante de ce côté-ci.

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