Paris passages

Je m'offre un challenge parisien pour cette année 2023, consacrer une sortie chaque mois à parcourir les lieux correspondant à un thème particulier : ponts, stations de métro, canaux, statues, etc... Et je commence ce mois-ci par les passages, ces fameuses passages couverts qui permettent de se balader et de faire des emplettes en restant au sec, à travers les 33 passages et galeries (si j'en crois Wikipedia) ouverts au public. La plupart d'entre eux, et les plus intéressants, s'organisent sur une ligne allant du nord au sud, à partir du 9ème jusqu'aux 1er et 2ème, où se situent l'essentiel de mes cibles. 

Je commence par le passage Verdeau, à partir de la rue du Faubourg Montmartre. Proche de l'hôtel Drouot, c'est devenu le repaire des collectionneurs, livres ou cartes postales anciennes. Moins connu que d'autres, il possède pourtant une haute et lumineuse verrière. Traversant la rue de la Grange Batelière, on embraye illico sur le passage Jouffroy, datant de 1845, pour prolonger à l'époque celui des Panoramas. C'est le premier construit entièrement en métal et verre, le décor restant en bois, le premier aussi chauffé par le sol. Il prend la forme d'un double L, le décrochement servant à rattraper une petite dénivellation. C'est au niveau de ce coude que se trouvent, à angle droit l'un de l'autre, le vénérable hôtel Chopin et la sortie du Musée Grévin.

Traversant le boulevard Montmartre, on se retrouve déjà dans le Passage des Panoramas, l'un des plus anciens (1799). Il tient son nom des panoramas (peintures à 360°) installés à l'origine à l'intérieur des rotondes. On y trouve, entre autres boutiques, l'historique maison du graveur Stern, devenue café italien il y a quelques années. D'autres galeries plus petites (des Variétés, Montmartre, Feydeau) et moins reluisantes se croisent au centre de la galerie principale. On y passe notamment devant l'arrière du théâtre des Variétés.

Etape suivante, la galerie Vivienne, avec ses trois entrées rue Vivienne, rue des Petits-Champs et rue de la Banque. Elle est construite dans un style néo-classique un peu pompeux, avec des mosaïques en terrazzo au sol, et une rotonde vitrée avec coupole hémisphérique. Elle abrite aujourd'hui cafés et boutiques de mode, quoi d'autre en ces lieux devenus branchés ? Juste à côté, la galerie Colbert est surprenante, car là, peu de commerces, mais le siège de diverses administrations (comme l'Institut National d'Histoire de l'Art) et de plusieurs antennes d'Universités Parisiennes. Et de fait, on y croise surtout des étudiants plutôt que des acheteuses ou des piliers de café. Au bout de la galerie, sous une nouvelle et magnifique rotonde, nous attend Eurydice. L'ambiance tranche ainsi nettement avec les autres galeries commerciales.



Me détournant un peu de mon droit chemin, je me rends deux rues plus à l'ouest vers le passage Choiseul. Il est midi passé, c'est le passage des restos et bars, et la foule sortie des bureaux pour le déjeuner s'y presse pour le lunch du jour, avec beaucoup d'échoppes asiatiques. On y trouve la sortie secondaire du théâtre des Bouffes Parisiens. Y vécut aussi une dizaine d'années Louis-Ferdinand Céline enfant, sa mère tenant une boutique de nouveautés. C'est le plus long des passages avec ses 190 mètres, et l'on peut en sortir par le petit passage Sainte-Anne.


Puis un excellent repas japonais dans un petit resto du Louvre, "Zen", où le personnel et la moitié des clients sont japonais, bon signe ! De fait les gyozas et makis sont excellents, avec même une IPA artisanale nippone. L'après-midi est consacrée à Maillol, ses statues dispersées autour de l'esplanade du Louvre, et son musée de l'autre côté de la Seine, avec une exposition assez fascinante consacrée aux hyperréalistes.


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