
Excursion mono-journée dans un coin de la Seine-et-Marne où je n'ai jamais mis les pieds, bien que ce soit à moins d'heure de chez moi, la préfecture du département qui plus est, la ville de Meaux, dont chacun sait (peut-être) que les habitants sont nommés les Meldois. Ce que l'on sait peu, ce que cette ville puise ses racines loin dans le passé puisqu'un village gaulois s'y implanta dans les boucles de la Marne, occupés par les Meldes, la boucle est bouclée. Au Moyen-Age, Meaux devint un important pôle religieux, autour se créa progressivement la Cité Episcopale qui aujourd'hui encore constitue le cœur de la ville. C'est donc là que j'entame ma balade pour la journée, arrivant par le nord pour tomber sur l'imposant rempart gallo-romain, qui cache le jardin Bossuet et toute la cité. L'ensemble est constitué du jardin donc, sur lequel s'ouvre le Palais Episcopal, flanqué du Vieux-Chapitre et juste derrière la Cathédrale Saint-Etienne. Cette cité, qui abritait l'évêque et son entourage, a gardé en partie sa structure, avec le Palais proprement dit transformé en Musée Bossuet, puisque Jacques-Bénigne Bossuet fut l'évêque emblématique de Meaux entre 1681 et 1704 : écrivain, précepteur du dauphin Louis de France, fils de Louis XIV, élu à l'Académie Française, tout cela avant de devenir évêque. L'homme n'apparaît pas vraiment sympathique, avec des positions très dures vis-à-vis des protestants ou des juifs, mais ses sermons, souvent improvisés, sont restés célèbres. Le Musée qui porte son nom n'est cependant pas centré sur sa personne, mais sur des œuvres de peintres, souvent locaux, des XVIème au XVIIIème siècles. Comme souvent, beaucoup de peintures religieuses, pas vraiment ma "cup of tea", mais qui permettent d'admirer les superbes pièces du palais. Les salles basses, datant du XIIème, abritent quant à elles une exposition temporaire consacrée à un intéressant sculpteur et dessinateur, Maurice de Buis. Dans un recoin, je tombe sur l'ancienne apothicairerie de l'Hôtel-Dieu, qui élaborait des remèdes, dont subsistent aujourd'hui les pots aux motifs bleus destinés à recevoir les électuaires, et autres onguents fabriqués là.


La cathédrale Saint-Etienne nécessita près de 4 siècles pour être achevée, finissant avec une façade occidentale dissymétrique car inachevée, avec un aspect d'escalier, le clocher (aussi appelé tour noire) à gauche côté palais, et le grand portail central, surmonté de gable et rosace, au milieu. A l'intérieur, Bossuet a bien sûr droit à sa statue monumentale, sur un promontoire sous lequel quatre personnages semblent l'admirer. Non loin de là, le Vieux Chapitre ne se visite pas, mais il offre une respiration médiévale après le gothique de la cathédrale. C'est un parallélogramme de grande taille, flanqué d'une tourelle, et d'un escalier couvert, tandis qu'un passage aux airs vénitiens, le rattache à la cathédrale voisine.
Voici pour la partie historique le matin, je vais ensuite profiter du soleil de l'après-midi pour visiter le reste du centre de Meaux. Mais avant cela, je profite d'un bon gueuleton à la française dans une taverne du centre, la Maison Dugast, bien remplie puisque je m'installe à la dernière petite table de libre. Plats roboratifs, mais de qualité : une demi-douzaine d'escargots, un parmentier de canard, et une crème brûlée tombent dans mon escarcelle ventrale, arrosés d'un bonne "Bière de Meaux" ambrée d'une micro-brasserie locale. Je rejoins ensuite les bords de la Marne, pas très bien mis en valeur avec une grande rue à quatre voies qui la jouxte. Le vieux centre est plus attrayant, avec une sympathique et active rue piétonne aux multiples commerces, quelques hôtels particuliers des siècles d'antan, un Hôtel de Ville avec son escalier d'honneur au vitrail coloré, une Caisse d'Epargne typique avec son dôme en pierre et métal.
Je finis ma balade en franchissant la Marne pour aller voir le quartier dit du Marché, avec sa halle en métal, alias halle aux fromages, et la maison au boulet russe, fiché dans sa façade depuis 1814, en passant par le jardin des Trinitaires, planté de peupliers centenaires, pour ma traditionnelle micro-sieste sur un banc au soleil.
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