Promenades dans Caen
Si l'on vient d'abord à Caen pour son histoire médiévale et pour y traquer le souvenir de Guillaume le Conquérant, il y a d'autres découvertes à y faire. Le premier jeu peut être d'y rechercher les rares vestiges des siècles passés. Dans le centre, la rue Froide est sans doute la seule rue réellement ancienne, qui a pu conserver quelques maisons anciennes, sans que l'on sache réellement ce qui a été restauré et ce qui est réellement d'origine : des belles maisons, et des cours intérieures auxquelles on accède par des passages, c'est modeste, mais on s'en contentera. On peut aussi ajouter au tableau quelques maisons à pans de bois dans la commerçante rue Saint-Pierre, ou encore la maison des Quatrans en face du château. Enfin, vers l'Abbaye-aux-Dames, le quartier aux restaurants se situe dans la belle rue piétonne du Vogueux, maisons restaurées, pavage et réverbères élégants. Et voilà le tour historique quasi-terminé. On peut y rajouter la triangulaire place Saint-Sauveur, plus récente, joliment pavée et bordée d'un bel ensemble d'hôtels particuliers du 18ème siècle, agrémentée en son centre de statues modernes torturées, en jouxtant une autre plus ancienne de Louis XIV curieusement accoutré en empereur romain.
Une fois ce tour central achevé, je m'en vais voir à quoi ressemble un Caen plus périphérique. C'est tout d'abord un quartier résidentiel à l'ouest nommé le Nice Caennais, à l'origine (vers 1930) une cité-jardin, transformée en quartier où cohabitent des maisons aux styles variés, du normand classique à colombages à l'Art Déco.
En revenant, l'on passe par un vaste espace herbeux, la Prairie, qui apporte une bouffée de verdure bienvenue, avec un plan d'eau aménagé en réserve de biodiversité, qui vous amène jusqu'aux bucoliques rives de l'Orne.Plus loin, vers la gare, c'est un quartier contemporain qui est en train de sortir de terre, ici une salle de spectacle colorée, là une bibliothèque toute de verre vêtue, ou des ensembles de bureaux verticaux.
Dernière escale, plus inattendue, un cimetière Saint-Nicolas, le plus ancien de la ville, à côté d'une église désaffectée, qui pourrait bien abriter quelques Belles au Bois Dormant. Végétation débordante, à en paraître presque tropicale, vieilles pierres tombales couvertes de mousse, à moitié écroulées, grilles rouillées, et pas âme qui vive. C'est photogénique en diable, et la nuit venue, on pourrait sans doute s'attendre à voir sortir de terre quelques fantômes désœuvrés, à moins que ce ne soit pour qu'une équipe de tournage ne nous y fabrique un remake de "Thriller".
Le soir venu, je ressors pour ma traditionnelle séance de photos nocturnes, d'autant plus intéressante ici que les principaux lieux sont remarquablement illuminés de nuit.
Un mot du gîte et du couvert lors de ces deux jours caennais. Un appartement rue de Bras, un peu bizarre dans le centre-ville, dans une maison ancienne. La plaque métallique sur la porte annonce "Psychiatre", soit. A l'intérieur, une grande chambre décalée, murs bleu roi, hautes tentures vertes, dessus de lit noir, et pas de séjour, celui-ci étant condamné, sans doute à l'usage des propriétaires. Et quand même une belle salle de bains. Dans la même rue, un excellent pâtissier (Georges Larnicol, qui a d'autres magasins dans l'Ouest) vend de délicieuses "kouignettes", variante du beurré kouign-aman breton. Non loin de là, le seul restaurant que je testerai est un bar à vins joliment nommé l'Hydropathe, pour un goûteux bol de poisson et lentilles un midi.
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