De la Camargue à Barbentane

Après avoir quitté Nîmes et le monde romain, je fais un petit détour par la Camargue, en m'arrêtant d'abord à Saint-Gilles qui en marque l'entrée occidentale. Cette halte est d'abord motivée par son église abbatiale, et notamment la façade de cette abbaye, réalisée au XIIème siècle, et qui raconte toute une histoire en pierre, avec des scènes inspirées de l'Ancien et du Nouveau Testament, saupoudrée d'une coloration antique, chapiteaux corinthiens et cannelures. A noter aussi la crypte, qui contient notamment le tombeau de l'ermite Saint Gilles, à l'origine de la ville.
 

Après Saint-Gilles, la route s'enfonce dans la Camargue entre ciel, terre et eau, jusqu'à l'étang du Scamandre dans la partie gardoise de la Camargue. Un centre de découverte offre quelques renseignements sur l'écosystème, et des chemins permettent de se promener au-dessus des marais, sur des pilotis ou plateformes flottantes, jusqu'à des belvédères ou des affûts qui offrent des vues reposantes sur cet environnement semi-aquatique, avec des oiseaux lointains parmi lesquels on peut repérer quelques flamants roses.

 
C'est l'heure de remonter vers le nord, toujours à travers la Camargue, en passant par Beaucaire et Tarascon (et son château au bord du Rhône), jusqu'à Barbentane où je vais passer la nuit. Mon GPS m'emmène dans la village médiéval, passant dans des ruelles de plus en plus étroites, où je crains d'érafler une aile de ma voiture de location, que j'arrive néanmoins finalement à garer à l'extérieur des murailles. Je loge dans une chambre d'hôtes haut de gamme, La Paloma, dans une vieille maison donc de Barbentane, où je me trouve le seul hôte des 4 chambres proposées. Je peux jouir tout mon soul de l'étonnante piscine intérieure aménagée au rez-de-chaussée, puis de la cuisine et de la salle à manger, où je passe une soirée tranquille au coin du feu (le dîner initialement prévue avec une ex-collègue de Sanofi ayant été annulé pour cause de COVID), et enfin de la mignonne chambre à l'étage, au lit semi-circulaire et à la terrasse donnant sur les toits du village. Le lendemain matin, lors du plantureux petit déjeuner qui m'est servi, je devise une bonne heure durant avec la sympathique et avenante maîtresse des lieux. Elle me raconte entre autres que revenant d'un long séjour professionnel à San Francisco, USA, elle a acheté cette maison juste avant la pandémie (mauvais timing !), mais que maintenant, les affaires marchent bien, grâce notamment à la piscine qui attire les familles avec enfants. Un bel endroit en tout cas pour s'arrêter dans la région.

Le lendemain, j'ai encore la matinée pour explorer les environs avant d'aller reprendre mon TGV à Avignon. Je commence par Barbentane donc, au riche patrimoine : tout en haut la tour Anglica, ancien donjon, qui domine la ville ; les deux belles portes anciennes qui ouvrent sur la vieille ville ; la Maison des Chevaliers sur une place centrale en face de l'église XIIème ; le joli cours aux platanes avec l'essentiel des services et commerces.
 

Non loin, l'abbaye Saint-Michel-de-Frigoret abrite encore aujourd'hui des chanoines prémontrés, dans un vallon niché au milieu de la végétation méditerranéenne. Beaucoup d'endroits ne sont pas accessibles en ce vendredi matin, je dois me contenter de l'église abbatiale, de style néogothique, aux peintures murales colorées dues au fresquiste Sublet.
L'arrêt suivant est pour le village millénaire de Boulbon, dominé par les ruines de son château. Quelques ruelles permettent de déambuler et d'apprécier l'ambiance tranquille du lieu. Le dernier stop est à Aramon, dont je connais bien l'usine Sanofi pour m'y être rendu des dizaines de fois. Mais je ne m'étais jamais arrêté dans la ville elle-même. Celle-ci a fait un gros effort pour mettre en valeur son patrimoine, depuis l'église Saint-Pancrace bien cachée au milieu des ruelles, jusqu'au château entouré d'une haute muraille, dominant la ville, accessible par un pont en pierre au-dessus de nos têtes. En passant par une flopée de maisons médiévales et d'hôtels particuliers plus récents, qui donnent à cette ville industrieuse un cachet que l'on n'aurait pas soupçonné. Si je n'y aurai fait qu'un bref passage, elle mérite une visite plus approfondie à une autre occasion.






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