Nîmes/Nemausus et son crocodile romain
La grisaille qui s'éternise en région parisienne, tandis que la Méditerranée continue de jouir d'un grand soleil. Ni une, ni deux, en ce début février, je saute dans un TGV direction le Sud, terminus Avignon. Puis location d'une petite 208 pour continuer encore un peu plus bas dans le Gard. En route, un arrêt au fameux Pont du Gard, qui enjambe depuis deux millénaires le Gardon pour approvisionner, à l'époque, Nîmes en eau depuis Uzès plus au nord. Depuis le première fois où je le visitai il y a une cinquantaine d'années, l'accès a bien changé. Un parking en amont permet de stopper le flux automobile, et c'est à pied que l'on gagne le pont, sans le voir d'abord, puisque c'est au détour du sentier que l'impressionnant ouvrage nous saute aux yeux. Comme toujours quelques chiffres pour illustrer l’exploit architectural de nos ancêtres romains : 275 mètres de long, sur 3 niveaux, à près de 50 mètres de hauteur, 35 arches au dernier étage, sur lequel passe le canal de 1,80 m de haut pour 1,20 m de large. Evidemment, on ne peut plus grimper là-haut, se contentant de traverser le pont routier rajouté au premier niveau, avant de se promener en-dessous, sur les berges rocheuses du Gardon. A l’entrée du site s’est installé un grand bâtiment dans lequel un musée bien fichu raconte l’histoire du pont, de sa construction, son utilisation, ses réfections.
De là, il faut normalement une petite demi-heure pour rejoindre Nîmes, ma première étape de ce mini-périple ; en fait, il me faudra plus d’une heure pour rejoindre le centre de la ville, embolisé par les travaux de mise en place d’un tramway comme souvent. Mon appartement dans la vieille ville donne directement sur les arènes romaines, une situation privilégiée pour ma location haut de gamme (j’ai même un grand jacuzzi sous une verrière au milieu de l’appart !).Comme à l’accoutumée, sortie nocturne pour quelques photos de Nîmes by night, bien éclairée le soir venu. Les Arènes et la Fontaine Pradier, la Maison Carrée, le Quai de la Fontaine, valent l’effort de remettre son manteau et ses chaussures après dîner.
Mais c’est le lendemain, sous le soleil, que je peux vraiment appréhender la métropole gardoise. Je ne connaissais pas Nîmes, ou si peu, au contraire de ses voisines plus réputées de Montpellier ou d’Avignon, que j’ai eu maintes fois l’occasion de parcourir au cours de ma vie professionnelle. Je n’avais donc pas vraiment d’avis sur son intérêt, sinon via ma fille qui vient de s’y rendre et m’a incité à la découvrir. Eh bien, Nîmes vaut largement ses deux voisines. Certes, elle est moins vibrante que Montpellier, faute de véritable vie universitaire, mais pour le reste, et bien sûr si l’on s’en tient au centre ville, elle fait mieux que tenir la comparaison. Elle joue sur plusieurs tableaux. L’Antiquité d’abord, avec sa Maison Carrée, ce temple romain qui serait le « plus intact » de ceux restant debout aujourd’hui dans le monde, édifice hexastyle à colonnes corinthiennes, qui tranche en pleine ville avec le Carré d’Art contemporain voisin aux formes modernes, dues à Norman Foster. Et bien sûr avec ses Arènes, elles aussi magnifiquement conservées, imposantes par leurs dimensions, avec leur forme oblongue (133 x 101 mètres), haute de 21 mètres, qui pouvait accueillir jusqu’à 20.000 spectateurs, et qui abrite aujourd’hui encore des concerts et bien sûr des corridas. La visite sous audioguide est complète, faisant passer par les gradins, les couloirs, les vomitoires (beurk) pour finir sur le sable de l’arène. Les commentaires proposent notamment des digressions sur les gladiateurs de l’époque romaine, complétant ma culture sur le sujet remontant à … « Astérix Gladiateur », faisant ressortir la cruauté de ces jeux du cirque, mais aussi le prestige des gladiateurs, des hommes libres qui appréciaient ce métier particulier.
Le centre historique est joliment appelé « L’Ecusson », du fait de sa forme, dessinée par plusieurs boulevards qui ouvrent sur la ville plus moderne. Cet hypercentre nîmois a été réhabilité il y a peu, devenu attractif et propre sans perdre son âme pour autant. Des ruelles pavées étroites et piétonnes, des hôtels particuliers et des commerces de qualité, des placettes qui offrent des
Il faut aller un peu au-delà de l’Ecusson pour rejoindre plus au nord les magnifiques jardins de la Fontaine. Là, l’origine vient d’une période pré-romaine, lorsque les premiers habitants s’installèrent près de la source divinisée de la Fontaine. Les Romains, toujours eux, y construisirent le temple de Diane en bas, et la Tour Magne en haut, du sommet de laquelle la vue sur Nîmes jusqu’à la Méditerranée est spectaculaire. Les jardins eux-mêmes sont plus récents, réalisés aux environs de 1750, et affichent une originalité qui change des habituels jardins plats et classiques de la plupart des villes. Depuis la Tour Magne tout en haut, une végétation méditerranéenne s’étagent sur des terrasses et amène jusqu’au réseau de bassins en contrebas. Ceux-ci se prolongent sur les quais de la Fontaine, le long desquels de cossus immeubles en pierre de taille se reflètent dans l’eau calme de ce qui semble une rivière traversant la ville, et qui n’est donc qu’un faux cours d’eau, mais qui donne à Nîmes un touche aquatique originale.
Une autre balade en dehors des sentiers battus, toujours au nord
de la ville, dans le quartier Gambetta, à deux pas du centre historique. C’est
un quartier resté populaire, même s’il commence à muter comme en témoignent les
démolitions en cours ici et là. Des rues étroites ont été végétalisées par les
habitants, amenant de la vie à ce quartier d’habitation. Je suis aussi venu
attiré par le street art dont le coin s’est fait une spécialité, vanté par l’office
de tourisme. Un peu méfiant d’abord, car trop souvent, on prend prétexte de quelques dessins muraux plus ou moins aboutis pour affirmer un spot de
peintures murales, qui se révèlent décevants. Point de cela ici, les artistes
locaux ont bien travaillé, des dessins variés, originaux, sur des supports différents.
Un très beau spot de street art cette fois, dont vous avez ci-dessous un
échantillonnage qui doit vous donner envie d’y faire un tour si vous êtes à
Nîmes.
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