Châtelaillon - Fouras à pedibus


Vingt-six kilomètres à pied, ça use, ça use ... Mais quand il s'agit de profiter d'une magnifique météo à 0% de nébulosité (comme indiqué par l'excellent site de Météo Agricole), et de parcourir un bord de mer encore en partie inexploré, par nous-mêmes veux-je dire, ce n'est pas cela qui va nous arrêter.

Après un trajet en bus rendu pénible par un insupportable gamin (anglais) qui élucubre d'une voix aiguë sans discontinuer durant trente minutes, nous atterrissons une nouvelle fois dans la station balnéaire de Châtelaillon au sud de La Rochelle. La promenade le long de la grande plage nous emmène ensuite jusqu'au quartier méridional des Boucholeurs, le boucholeur (ou bouchoteur) étant celui qui s'occupe des moules. C'est aussi le nom de ce hameau de pêcheur, un peu à l'écart du Châtelaillon touristique et familial, qui offre une tranquillité relative et une vue superbe sur toute l'anse d'Yves, avec au fond la pointe de Fouras, et côté mer l'île d'Aix qui se détache devant Oléron en filigrane, avec même en ombre chinoise Fort Boyard. Le front de mer y a été réaménagé après la tempête Xynthia, avec notamment une place en rotonde qui a des petits airs de parc Guell avec son banc circulaire de mosaïques. Quelques cafés et restaurants se sont installés, l'occasion de prendre un verre de cidre en apéro avant de vraiment commencer notre marche.

On passe d'abord devant les bassins des mytiliculteurs pour longer le Marais d'Yves sur une plage déserte, juste hérissée de pieux noirs en bois alignés, dont je me demande à quoi ils servent, sans doute de brise-lames. Plus loin, vers la plage du Marouillet, à nouveau quelques carrelets proposent leur élégante silhouette avec leur senne (filet) qui défie l'océan. Le chemin est ensuite fermé pour cause d'éboulements, nous obligeant à contourner la pointe du Rocher et à longer la voie rapide sur un gros kilomètre. Nous sommes soulagés de retrouver la mer au niveau de la pointe d'Yves, et d'à nouveau longer la mer sur un terre-plein en surplomb.

Le chemin côtier revient à la civilisation, zigzaguant entre carrelets, mobil-homes de camping ou cabanons de plage, pour rejoindre à Fouras le boulevard de l'Océan, le long de la plage de la Garenne. Sur celle-ci s'alignent de jolies villas de style balnéaire, chacune munie de son nom, qui se sont offertes un panorama en arc-de-cercle sur toute la baie. Au bout, nous repiquons plus au sud vers le centre de Fouras, avec sa grande plage dominée par le Château de Fouras. Le donjon médiéval quadrangulaire domine les flots, pouvant sans doute tenir lieu d'amer pour les marins, tandis que de hautes murailles le protègent des assauts de la mer en contre-bas. L'esplanade au-dessus de la plage Sud permet de visualiser plus loin encore la côte, vers l'Ile-Madame et l'estuaire de la Charente. Mais nous n'avons pas le temps, ni sans doute les jambes, de continuer. D'autant qu'il nous reste encore 5 kilomètres de marche, un peu pénibles en longeant des routes à dense trafic automobile, pour gagner la gare de Saint-Laurent-de-la-Prée où emprunter le dernier TER de la journée afin de rejoindre notre base rochelaise.





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