(Ré)tais-toi ... et marche



Premier séjour de l’année dans notre région d’adoption de Charente-Maritime. Comme l’an passé à la même époque, c’est un franc soleil qui nous accueille 4 jours durant, et malgré la fraîcheur, les Rochelais sont déjà sur les terrasses du Vieux Port. Nous partageons d’abord notre temps entre magasins du centre ville (c’est la période des soldes), nouveaux quartiers du bord de l’eau, le Gabut et ses fresques peintes, ou la Ville en Bois, avec sa moderne Médiathèque, offrant une vue spectaculaire sur le port.

Nous enjambons ensuite nos vélos pour une virée le long de la mer vers le nord, traversant le parc de la Tour Carrée jusqu’au port industriel de La Pallice en passant par Chef de Baie, et sa petite plage. Mais notre principale sortie est le lendemain pour l’île de Ré, tellement plus agréable hors saison, quand on ne croise quasiment personne, à vélo ou à pied, sur les chemins côtiers. Notre point de départ, l’épicentre de l’île rallié en autocar depuis La Rochelle, est la petite ville de Saint-Martin-de-Ré, ceinte de ses murailles conçues par Vauban, au point que l’on oublie vite la première impression plutôt réfrigérante, cette prison aux hautes murailles qui pique les yeux en arrivant. Dans la « métropole » rétaise, il y a déjà quelques hivernants qui profitent du soleil en ce dimanche midi, et les places sont chères dans les rares restaurants ouverts. Une fois notre estomac rassasié, nous entamons la balade pour laquelle nous sommes venus, 20 kilomètres le long de la mer jusqu'à Ars-en-Ré, près de la pointe de l’île. Il fait presque chaud lorsque les alignements d’arbustes coupent le vent du large, et nous zigzaguons entre côte et intérieur, d’autant que de gros travaux de réfection de la digue sont en cours et nous dévient vers les champs. Plus loin, nous traversons des marais, dont des marais salants visiblement abandonnés, pour s'approcher d’Ars : voici un village qui est facile à repérer, avec son clocher unique blanc et noir, qui servait d’amer (point de repère) aux bateaux d’antan. Contrairement à St-Martin, Ars-en-Ré somnole l'hiver venu, quasiment tout est fermé, boutiques, bars ou restaurants, seule la boulangerie permet de faire une pause avant de rentrer dans nos pénates. 

C’est sur les coups de cinq heures du soir que nous prenons le chemin de l’arrêt de bus. Voilà justement un bus qui nous passe sous le nez, inattendu compte tenu des horaires que j’ai téléchargés sur la toile. Arrivés à l’arrêt, je m’aperçois que c’est le dernier bus dominical qui vient de passer, et que je n’avais pas consulté les bons horaires ! Plus de bus ; un taxi dimanche soir sur l’île, n’y pensons pas ; pas d’hôtel ouvert dans les parages, ne reste plus que l’auto-stop comme solution : voilà qui va me rajeunir de quelques décennies ! Nous voici donc à lever le pouce devant l'arrêt du bus. Nous n’avons guère longtemps à attendre : après quelques minutes, une voiture s’arrête. Dedans, trois retraités qui rentrent sur le continent après une journée sur l’île, à qui nous devons sembler un peu désemparés et loin de l’archétype des stoppeurs habituels. Ils se serrent dans leur Prius pour nous faire de la place, et nous voilà sauvés ! Nous devisons un peu, ils sont charmants et nous ramènent au-delà du pont, allant jusqu’à dévier de leur trajectoire pour nous déposer pas très loin de notre appartement rochelais. Et nous voici rentrés sans histoires, bien plus tôt même qui si nous avions emprunté l’omnibus initialement prévu ! Je ferai cependant plus attention à l'avenir pour que pareille mésaventure ne se reproduise pas.

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