Autour du Lac (Neuchâtel)


Une nouvelle sortie en ce mois de janvier riche en balades tous azimuts : avec le Japon dans quelques jours, j’aurai parcouru pas moins de 3 continents durant le mois. Un TGV m’emmène cette fois-ci jusques en Suisse, où je dois assurer 2 jours de formation à Neuchâtel. Je prends le Lyria qui s’arrête à Lausanne, après avoir traversé les beaux paysages du Jura, baignés de soleil. De là, avec une voiture louée, je rejoins les bords du lac de Neuchâtel. Je me suis comme souvent aménagé une demi-journée de visite avant d’entamer le volet travail. Coup de chance, il fait grand soleil durant cet après-midi consacré à parcourir la ville. Je longe le lac, moins grand que le Léman, mais qui n’en reste pas moins assez large lui aussi, sa rive opposée au loin surplombée par les montagnes des Alpes bien enneigées en cette période. Une jetée en bois s’aventure au-dessus des eaux transparentes, secouée par des jeunes neuchâtelois qui s’amusent à sauter pour faire vibrer cette "Passerelle de l'Utopie" qui ne fait passer nulle part, mais qui ouvre une brèche sur le lac, donnant l'impression de fendre les flots tel un Moïse helvète. Deux statues, un homme et une femme habillés à l'ancienne, rappellent que la Belle Epoque fleurit ici au début du siècle dernier. Plus loin encore dans le passé, Jean-Jacques Rousseau y avait ses habitudes, comme en témoigne des passages des Rêveries du promeneur Solitaire, et Honoré de Balzac y rencontra sa première épouse. Le soir venu, le soleil hivernal offre aux promeneurs transis un splendide spectacle, qui à défaut de réchauffer ses vieux os, embrase les mirettes.


Puis l’on rentre dans la vieille ville, pour aller rejoindre le Château historique du Xème siècle, ancienne demeure seigneuriale, est désormais le siège du gouvernement cantonal. Juste à côté, la Collégiale protestante du XIIème domine la ville, malheureusement close en ce début janvier. On y accède par des ruelles et chemins escarpés puisque comme il se doit, ces édifices sont perchés sur une éminence protectrice, qui offre une splendide vue sur l’étendue du lac en contre-bas. La dimension de la ville est modeste, mais quelques belles maisons bourgeoises témoignent elles aussi d’un passé confortable. Je repère un théâtre qui propose une programmation alléchante, mais tout est complet, et mon essai via une liste d’attente reste lettre morte. Je m’en vais donc regagner mon hôtel encore un peu plus haut au-dessus de la ville, après ce bel après-midi : je saurai le lendemain que j’ai bien « choisi » la date puisque les deux journées suivantes, un épais brouillard aura enseveli la ville, phénomène courant me dira-t-on en cette saison, le lac jouant le rôle de cuvette sur laquelle le ciel pose un couvercle solidement arrimé.
 

Tant mieux car je dois maintenant assurer ma formation, devant une quinzaine de salariés d’une compagnie pharmaceutique récemment achetée par une grosse boîte japonaise. Je m’aperçois qu’une bonne partie de mon auditoire est française. En discutant avec eux, l’on m’explique qu’il est difficile de recruter en Suisse, et que la frontière française étant proche (moins d’une heure en voiture), beaucoup de frontaliers viennent travailler chez les Helvètes, le fort franc suisse étant une motivation supplémentaire pour cela. Il est vrai que quand 1 FS = 1 Euro, tout est hors de prix ici, les restaurants en tête. Le soir, le retour dans mes pénates est plus compliqué : le TGV depuis Lausanne vers Paris est supprimé, et il me faut rejoindre Genève par un train local, avant de retrouver un TGV me ramenant chez moi tard dans la soirée.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Tassili n'Ajjer, minéral et humain

Ma géographie NBA

De pied en caps à Majorque