Expos Grand Palais, du Greco à Lautrec
Deuxième sortie parigote, quelques jours après la précédente, sous un ciel gris et pluvieux cette fois, tout pour aller chercher un peu de lumière dans des salles fermées bien au chaud. C'est cette fois-ci avec une amie que je vais m'en visiter deux expos au Grand Palais. La première est consacrée à El Greco, ce peintre né en Grèce au XVIème siècle, et qui fit sa carrière à Venise, puis à Tolède en Espagne. Si au premier abord, on peut se dire que voilà un autre de ces peintres classiques, spécialisé dans les sujets religieux, à la palette de couleur un peu terne, on s'aperçoit bien vite que derrière cette façade, il a construit un style bien à lui, qui ne fut reconnu que bien après sa mort, jusqu'à Picasso ou Jackson Pollock qui s'en inspirèrent. Ses origines grecques, sa passion des icônes orthodoxes, expliquent déjà son originalité. Et puis au fil de son oeuvre, il s'engagea dans des directions bien éloignées des canons de son temps. Quand on parcourt son exposition, bien fournie en œuvres et classiquement organisé, sans fioritures, on remarque tout de suite ces regards expressifs qui vous fixent avec intensité, ces figures allongées qui préfigurent Modigliani (à mon humble avis de béotien du moins), ces couleurs à la fois vives et délavées qui ragaillardissent les scènes religieuses, et vers la fin de sa carrière ces vibrations des corps et des fonds, qui m'ont aussi fait penser à Matisse. Ou bien encore des scènes sombres et excentriques (là on dirait du Jérôme Bosch) et des paysages étranges, nimbés de mystère, bizarre hybride d’impressionnisme et d’expressionnisme. Bref, Le Greco a été pour moi une découverte et une fascination. Bien après celle de nombre d'artistes qui, comme je l'ai appris plus tard, ont (re)découvert Le Greco au fil des siècles, lequel a largement influencé la peinture moderne. Voilà aussi qui m'a donné envie d'aller faire à un tour à Tolède, où il passa l'essentiel de sa vie, et où un musée-maison (où il habita) lui est consacré.
L'autre expo du Grand Palais est consacrée à Toulouse-Lautrec : nous voilà de retour en territoire connu, la Goulue et Montmartre, les estampes en tons rouge et jaune. Pas de découverte donc, mais un parcours à travers la vie de Toulouse-Lautrec instructif et didactique certes, mais presque trop tant la muséographie apparaît linéaire et banale, tandis que les œuvres exposées, très copieuses, enterrent dans leur multitude celles qui pourraient marquer et devant lesquelles l'on resterait en arrêt. Bref, je me suis senti englouti dans cette exposition, et suis resté à la surface des travaux de l’artiste, pourtant remarquables, n'en captant qu'une écume passagère et un peu vaine.






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