Jeu de Paume et Monnaie

Voilà pour une fois une sortie, ou plutôt deux, qui ne m'ont pas emmené bien
loin de mes pénates. Trois moyens de transport quand même, quatre même en y rajoutant le mode pedibus, pour rejoindre le centre de Paname et aller voir quelques expos, alors qu'un franc soleil d'automne illumine la capitale.

Première sortie en solo, pour commencer au musée du Jeu de Paume consacré à la photo. Attiré tout d'abord par le photographe américain Peter Hujar qui a parcouru boîtier à la main sa ville de New York, ville que j'adore pour y avoir vécu il y a fort longtemps et y être retourné ensuite une dizaine de fois. Déception devant les photos de sa ville, soit banales, comme ces hauts immeubles de Manhattan sans profondeur, ou bien sans intérêt, images de lieux abandonnés et ingrats, dont on se demande ce qu'il veut bien vouloir leur faire dire. Heureusement ses portraits, ce pour quoi il s'est fait connaître, marquent d'entrée, tant il arrive à capter là un regard, ici une posture, en noir et blanc bien sûr, qui raconte plus que de longs discours les personnes qu'il côtoya à New York dans les années 80. L'autre expo de la franco-algérienne Zineb Sedira s'écarte de la photo, entre reproductions de sa salle de 
séjour des années 80 et vidéos de phares ou de casses de voiture, énigmatiques et finalement assez fascinantes dans leur répétition. Une autre partie consacrée aux années noires de l'Algérie, la décennie 90, celle de la guerre civile, est particulièrement intéressante, avec photos, reproduction d'affiches, coupures de journaux. Tout cela me rappelle aussi mes 2 années passées en Algérie entre 1981 et 1983. 

Après un rapide déjeuner (japonais) au self du Jeu du Paume, je longe la Seine jusqu'à l'Hôtel de la Monnaie en amont, sur le quai Conti. Celui-ci a battu la monnaie française des siècles durant avant que Pessac, près de Bordeaux, ne reprenne le flambeau à l'aube des années 2000. Mais des ateliers y subsistent, frappant quelques pièces et objets commémoratifs, que l'on peut apercevoir lors d'un parcours offrant derrière une paroi de verre les différents ateliers et leurs métiers : il est étonnant de voir les artisans s'activer et créer sous vos yeux, même si a un peu des allures de parc zoologique. Plus loin, un musée très complet (le 11 Conti) retrace l'histoire de la monnaie en France, illustrée par des œuvres, des machines, des objets, et bien sûr une foultitude de pièces de monnaie de toutes les époques, de l'Antiquité à nos jours. Ces dernières années, l'Hôtel de la Monnaie a diversifié ses activités en étant entièrement refait à neuf, et en ajoutant à sa panoplie un restaurant gastronomique et un lieu consacré à des expositions temporaires. Celui-ci occupe les belles salles donnant sur le quai et la Seine, richement décorées, tandis que de l'autre côté, les 3 Cours (celle de l'Or, celle des Fonderies et la Cour d'Honneur) permettent un aperçu complet de l'architecture du bâtiment datant de la fin du XVIIIème siècle. La sculptrice et peintre américaine Kiki Smith, aux œuvres un peu déroutantes, expose en ce moment dans cet environnement classique, les statues incongrues et les toiles naïves tranchant curieusement avec les volumes amples des lieux, parfois un peu perdues au milieu de pièces vides.






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