Le soleil est revenu sur New York et nous accompagne dans notre transfert, via Amtrak et un de ses trains vieillots - les wagons font penser à des boîtes de conserve rétro en métal argenté - qui laissent au moins apprécier le paysage de bord de mer en nous menant jusqu'à Boston, à 4 heures (non-TGV) de là.
Le contraste est flagrant avec New York la perpétuelle agitée, la cosmopolite, la vibrante, la gigantesque. A côté, Boston a l'air d'une ville de province, calme et posée, tranquille, un rien embourgeoisée. Le parc central de Boston Common en est l'illustration, domestiqué et familial, à l'opposé du côté sauvage et tourmenté de Central Park.

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| Village Bay |
S'il faut trouver une dominante à Boston, c'est bien la couleur rouge brique des quartiers historiques de la ville. Le plus connu est celui de Beacon Hill qui domine - un peu - le Boston du bord de l'eau et les parcs. Comme vous le savez sûrement, Beacon signifie "lanterne" et vient de ce que qu'une lanterne était installée au sommet de la colline pour avertir les bostoniens des éventuelles attaques. C'est désormais le quartier le plus rupin de la ville, baignant dans une ambiance calme, chic et désuète. C'était déjà un quartier résidentiel à sa création début XIXème, du moins son flanc sud, alors que les domestiques vivaient sur la partie nord. En témoigne encore aujourd'hui la plus vieille église noire du pays, African Meeting House sur Joy Street. La balade est agréable, entre les pavés photogéniques de Acorn Street, le parc privatif de Louisburg, autour duquel sont parqués les modestes véhicules des habitants du cru, ou les épiceries branchées du quartier. Moins connu est le quartier de Bay Village, au sud du Common. Sans doute moins chic, mais adorable, avec ses petites maisons rouges, ses ruelles calmes, et ses mini-squares où s'asseoir pour regarder le temps s'écouler.
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| Acorn Street |

L'on revient au Boston moderne et vibrant, qui s'étale de plus en plus loin sur le bord de mer. Du côté de Seaport, les grues tournent, les ouvriers s'agitent, les immeubles montent et la topologie évolue constamment. La balade le long de l'eau consiste à essayer de rester au plus près du rivage, contournant barricades et chantiers. Tout est encore en suspens, jusqu'à ce que l'on arrive à l'embouchure de la Bass River où le calme revient enfin. En remontant le long de la rive, on longe un quartier où business et shopping ont pris le dessus et où se pressent touristes et habitants, avant d'arriver au quartier historique du nord de la péninsule, avec son fameux Freedom Trail reliant les lieux emblématiques de la guerre d'indépendance et de la révolte des Bostoniens, de la maison du mythique Paul Revere à la cathédrale en bois blanc de St Stephen, en passant par le cimetière de Copp's Hill où les pierres tombales émergent en rangs dispersés en parsemant la pelouse de la colline.

Le chemin de retour nous ramène à notre appartement près de la gare de Back Bay plus au sud, passant par le quartier de North Hill, autour de Salem Street. Comme les noms de l'indiquent pas, il s'agit du quartier italien de la ville. Et pas un quartier en deshérence, comme le Little Italy de New York, abandonné de ses habitants historiques et grignoté par les boutiques de Chinatown, mais un quartier vivant, où les Italiens sont toujours bien là. En témoignent quantité de restaurants, comme le familial Giorgio's où nous déjeunons excellemment de produits simples (et peu onéreux de plus), de boutiques regorgeant de pâtes et d'huiles d'olive, ou de cafés qui proposent des ristrettos tellement meilleurs que les tristes, voire infects "cafés" américains. On s'aperçoit aussi que les Siciliens sont très présents, et pas mafieux pour deux sous qui plus est ... Je n'ai pas parlé de la météo qui est elle aussi très sicilienne ! Après la froidure new yorkaise, le mercure est remonté d'un coup d'une vingtaine de degrés et Boston se parcourt sous plus de 30°C à l'ombre.
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