Les fous du volant à Tunis

Après une semaine de conduite sportive à  Malte, je pensais que j'avais affronté des fous du volant. Point du tout, un court séjour à Tunis m'a vite démontré que les conducteurs maltais étaient des automobilistes disciplinés et polis. Et qu'ils avaient bien des leçons à recevoir de leurs homologues tunisois un peu plus à l'ouest (voire complètement à l'Ouest). 

L'occasion d'apprendre quelques règles locales :
- règle n°1 : les panneaux "STOP" sont des éléments purement décoratifs ; s'y arrêter expose au minimum à un concert de klaxons
- règle n°2 : les priorités n'existent pas, ou plutôt si, la priorité revient au plus audacieux, ou à celui qui dispose du véhicule le plus ancien et le plus cabossé
- règle n°3 : les feux tricolores et les sens interdits sont facultatifs ; rien de vous oblige à vous y conformer, surtout si la voie est libre
- règle n°4 : tout interstice libre dans le flot routier sera immédiatement comblé par un objet quelconque (motorisé ou non) s'il fait quelques millimètres de moins que ledit interstice
- règle n°5 : les conducteurs de 2-roues et les piétons ont des pulsions suicidaires constantes ; pour ces derniers, il semble aussi qu'ils reproduisent parfois le syndrome dit "de Moïse", à savoir avancer en tendant les mains de manière à ouvrir la voie et interrompre le flux tel un Moïse moderne traversant la Mer Rouge

Je pourrais continuer à égrener les règles, au risque de devenir répétitif. Je sais au moins que voilà un pays où je ne m'aventurerai pas au volant d'une voiture ; cela tombe bien, j'avais pour l'occasion un chauffeur, qui me confiait que le sentiment de libération depuis la Révolution tunisienne avait aussi "débloqué" les automobilistes, qui s'étaient octroyés de nouvelles libertés routières ...

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Tassili n'Ajjer, minéral et humain

Ma géographie NBA

De pied en caps à Majorque