Ile de Skye, la star des Highlands

Est-ce ainsi depuis qu'un pont (gratuit qui plus est) relie l'île de Skye au continent ? En tout cas, celle-ci est devenue la star des Highlands, attirant des touristes en masse, et générant toute une industrie qui va avec. Industrie plutôt haut de gamme, il n'est qu'à voir les ateliers d'artistes qui prolifèrent le long des routes zigzagantes, ou encore les restos étoilés qui poussent ici et là, avec leurs menus à 100 £ (140 €), comme me le racontait une jeune Française prise en auto-stop, qui fait là son stage de BTS en cuisine d'un bon et cher restaurant, à raison de 18 heures de travail par jour quand même ! Il y a donc une clientèle fortunée pour cela, mais il faut de tout pour faire un monde, et coexistent ainsi une "jet society", des retraités en camping car (aaarg ...) ou de jeunes randonneurs sacs sur le dos. De quelle catégorie fais-je partie ? D'aucune, ou un peu des trois à la fois peut-être ...

La "capitale" de l'île Portree, centre de ralliement de tous les visiteurs, me laisse de marbre, malgré les jolies maisons colorées qui s'alignent sur le port. Pour fuir la foule, d'autant plus nombreuse en ce début juin que les vacances scolaires ont commencé en Angleterre m'a-t-on dit, allons voir des endroits plus reculés, à des horaires un peu décalés. Côté Ouest, le matin assez tôt, une visite au phare de Neist Point (où Lars Von Trier tourna "Breaking the Waves": un beau site sauvage, avec ce phare blanc tout au bout là-bas ; en s'en approchant, on s'aperçoit qu’il est désaffecté, et qu'il a fait l'objet d'une tentative de reconversion en chambres d'hôtes, ratée comme en témoigne l'état délabré désormais des chambres que l'on peut voir à travers les vitres sales. Le soir venu, à l'heure où les Anglais ou Allemands sont depuis longtemps à table, et alors que la lumière commence à devenir chaude et enveloppante, un saut à un autre bout du monde, du côté de Waternish, vers les ruines de Trumpan. Un panorama magnifique sur les presqu'îles et îles qui semblent avoir surgi un peu partout, et l'atmosphère de cette église en ruine, entourée de quelques vieilles tombes qui regardent la mer, est extraordinaire. Une autre excursion, plus courue, permet de monter jusqu'au pied du "Old Man of Storr", une colonne de pierre comme une corne qui pointe vers le ciel, encore une belle grimpette avec vue imprenable sur rives de mer et de lochs tout autour. Enfin, la visite de l'île ne me paraîtrait pas complète sans un arrêt à la distillerie de Talisker, la seule de l'île, un des whiskys les plus réputés d’Écosse : celle-ci, rachetée par un grand groupe industriel désormais, semble étonnamment modeste avec ses murs blancs et ses quelques alambics en cuivre, mais la visite est très formatée, et tout est fait pour que le visiteur parte avec son cabas plein, non seulement de bouteilles de whisky, mais aussi de moult produits dérivés.

Nest Point et son phare
Depuis l'Old Storr Man



Le soir depuis les ruines de Trumpan
Tonneaux de Talisker 1979
 


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