Conduite à l'écossaise
Comment conduire en Ecosse ? Tout d'abord, il faut conduire à gauche, bien entendu. Avec une voiture de location locale, cela demande un peu de pratique, mais cela vient rapidement et se positionner tout de suite du bon (du mauvais) côté est naturel quand l'on s'installe sur le siège avant droit devant son volant (il en va tout autrement quand l'on essaie avec une voiture "continentale", volant à gauche comme il sied). Ensuite, il faut s'acclimater aux conducteurs locaux : j'en viens à le dire que les Écossais sont aux Britanniques ce que les Siciliens sont aux Italiens ... Bon, pas tout à fait quand même j'avoue, mais les conducteurs écossais semblent adorer doubler à toute vitesse (et largement au-delà des limitations, et s'impatientent vite lorsque une voiture "de touriste" traîne un peu trop devant eux, la notion de "traîner" étant d'ailleurs toute relative !
Ensuite, les routes écossaises, notamment dans le Nord et les Highlands, sont très souvent sinueuses et étroites, avec une seule voie et des passages élargis permettant de se croiser. La conduite requiert donc du doigté, de la concentration et de la patience. Et lorsque les bords de route deviennent de vraies "barrières", que ce soit des buissons d'ajonc ou des murets de pierre, on a l'impression de se retrouver sur un "roller coaster" ou grand huit, avec une route qui monte et descend sans arrêt, qui tourne sans crier garde, si bien qu'au sommet d'une côte sans visibilité (blind summit en anglais dans le texte), c'est la surprise, la route bifurque-t-elle à droite ou à gauche (ou pas), avec en plus le jeu complémentaire de guetter la voiture qui arrivera en face au même moment. Et comme dans tout bon jeu vidéo, il y a les difficultés supplémentaires rajoutées pour pimenter un peu plus : là, ce sont les moutons qui s'égaillent le long de la plupart de ces routes, broutant l'herbe sur le bas côté, faisant un bref jogging sur le macadam, regardant d'un œil torve ces drôles d'engins bruyants ; et comme cela ne suffit pas, ajoutons que les brebis venant pour la plupart de mettre bas il y a peu, elles sont souvent accompagnées de leur agneau qui lui, n'a pas l'expérience des dits engins, et qui gambade à qui mieux mieux, insouciant ou stressé, sur et le long du chemin. Alors un coup de volant pour éviter de devoir se préparer des côtelettes d'agneau au barbecue le soir, c'est mieux. Bref, c'est un mix de fun et de stress, selon les goûts et l'entraînement !
Enfin un coup de gueule pour finir. Y a-t-il sur Facebook un groupe anti-camping car ? Si oui, je signe de suite, car je suis devenu allergique à ces gros engins balourds. Pourquoi ? Parce qu'ils encombrent les routes, se traînant sur celles-ci, évidemment impossibles à doubler (cf. supra), souvent pas évidents non plus à croiser. Ensuite, ils monopolisent les places de parking, colonisant la plupart de celles-ci, non pas l'espace de quelques minutes, non, pour plusieurs heures, ou mieux encore pour la nuit, avec les transats et la table sortis pour bien marquer leur territoire. Enfin, ils viennent polluer les paysages : plus d'une fois, je me suis arrêté devant un panorama sublime, et vlan, voilà qu'une grosse pustule blanche (ou bien une colonie) venait le gâter irrémédiablement. Et on en trouve partout, de toutes les formes et toutes les couleurs, de ces gros insectes malfaisants, qui de plus, ne contribuent pas vraiment à l'économie locale (à part les stations-services). Je hais les camping-car, vous avez saisi ...

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