A la découverte de Valenciennes

La grande ville du coin est Valenciennes, que nous connaissons (à peine) puisque notre fils y étudia durant deux ans. Nous y passons une journée qui va nous permettre d'apprécier cette ville peu prisée des touristes, et qui pourtant offre quelques agréments.




Le béguinage est bien différent de ses homologues belges de Louvain ou de Bruges, puisque c'est ici un quartier de petites maisons sillonné d’étroites ruelles fleuries, dans lesquelles flâner au calme, échanger à l'occasion avec des habitants pas blasés par ces promeneurs de passage, guère nombreux il est vrai. Le vieux Valenciennes dont il fait partie a été bien détruit, mais aujourd'hui restauré, mérite que l'on s'y promène, entre Maison Espagnole à colombages, Maison du Prévôt, avec tourelle et clocheton, fenêtres à meneaux, église Saint-Géry des Récollets. La médiathèque Simone Veil vaut le détour pour sa superbe bibliothèque des Jésuites, tant pour son cadre de vaisseau voûté au décor peint, que pour ses manuscrits, dont le Cantilène de Saint Eulalie, plus ancien poème français connu, datant de 880.

Plus au nord, l'élégant Hôpital Général du XVIIIème est devenu un hôtel de luxe. On peut discuter du bien fondé de cette transformation, mais au moins le cadre somptueux a été préservé, et l'on peut sans problème se promener dans l'hôtel pour y admirer la cour d’honneur, l'entrée monumentale enrobée d'une verrière, ou la chapelle. Non loin de là, le Parc des Prix de Rome aligne quelques sculptures sans trop de cohérence, mais où j'apprends au moins l'histoire de Henri Wallon, pionnier de l'abolition de l'esclavage.

Du côté du parc de la Rhonelle et du boulevard Carpeaux, on peut admirer quelques belles demeures cossues pour la bourgeoise valenciennoise, entre styles flamand à l'art déco. 

A midi, nous jetons notre dévolu sur l'Auberge du Bon Fermier. Choix judicieux, à la fois pour la cadre et l'assiette. Le cadre, un ancien relais de poste royal, où Louis XIV s'arrêta, et où l'on rôtit moult viandes à la "Ville de Troie" durant près de trois cents années. L'intérieur un peu sombre et la cour intérieure sont (presque) restés dans leur jus, et valent d'y jeter un œil curieux. Côté restaurant, des plats locaux de bonne facture, couronnés par une tarte au sucre parfaite.

En repartant quelques jours plus tard, nous faisons un arrêt non loin au Site Minier d'Arenberg et sa fosse. Celui-ci est depuis longtemps à l'arrêt, mais l'endroit a été joliment converti : en locaux de la communauté d'agglomération de la Porte du Hainaut, ainsi qu'en pôle culturel de création cinématographique, où sont aussi tournés des films. Si l'endroit est fermé ce week-end, nous pouvons quand même apprécier ses bâtiments en brique et les fameux chevalements des puits à travers les grilles.

Juste en face, la cité minière d'Arenberg est toujours habitée, et est devenue un lotissement coquet, maisons fleuries et bien entretenues, avec jardinets attenants. Juste en face, l'ancienne école ménagère et la salle des fêtes ont été reconverties en (beaux) bâtiments publics pour accueillir spectacles et activités. Nous faisons ensuite une petite balade dans la forêt voisine de Raismes, du côté de la Mare à Goriaux, foulant au passage les pavés cahoteux de la Trouée d'Arenberg, célèbre pour avoir servi de section piégeuse lors de courses cyclistes d'antan

Dernière étape à Saint-Amand-les-Eaux, pour y déjeuner sur le pouce, sur la place centrale, devant la baroque Tour-Abbatiale, avec ses cinq étages correspondant chacun à un ordre (toscan, dorique, ionique, corinthien, composite) : riche, voire un peu indigeste en guise de repas spirituel. Juste à côté, l’Échevinage de style baroque flamand, en rajoute une couche avec ses colonnes baguées et ses cartouches sculptés.



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