Oise de contrastes
Tester ma nouvelle Toyota hybride est l'occasion d'aller faire un tour dans l'Oise voisine. D'abord du côté de Senlis, souvent fréquenté par le passé. Mais faire un tour de ce lieu historique est toujours agréable, à commencer par le verdoyant Parc du Château Royal en plein centre, juste en face de la Cathédrale. Ce fut le berceau de la dynastie capétienne, où Hugues Capet fut élu roi en 987. Des vestiges rappellent ce passé d'il y plus d'un millénaire, à commencer par la tour romane à l'entrée, vestige d'un donjon, tandis que le corps de logis du château est toujours adossé à la muraille gallo-romaine. Ces ruines ont fière allure, égayées par fleurs, statues et plantations, dans ce parc romantique bien différent des habituels champs de ruines.
En face, la cathédrale gothique Notre-Dame présente une façade assez étroite, un peu engoncée qu'elle est dans le centre médiéval de Senlis, avec sa tour sud prolongée d'un clocher complet. A l'intérieur, des vitraux modernes dans des tons bleutés complètent avec élégance les vitraux originels.
Je suis scrupuleusement le circuit qui parcourt le Senlis d'antan, longeant les fortifications, passant à travers les ruelles médiévales devant maisons à pans de bois, résidences des religieux ou hôtels particuliers. Quittant le cœur le plus ancien, on rejoint le bord de la rivière Nonette, le long des Remparts Bellevue et Saint-Vincent, où d'autres maisons bourgeoises attirent l’œil. Faisant un petit détour pour aller voir les Arènes gallo-romaines, je suis frustré car celles-ci, redécouvertes il y a 150 ans, sont fermées au public, et l'on n'en voit rien à travers la grille fermée. Sur la place des Arènes, une statue d'Anne de Kiev, offerte par la ville ukrainienne il y a 20 ans, interroge sur cette Anne méconnue, reine de France et épouse de Henri Ier, venue d'Ukraine, et qui fonda l’Abbaye Saint-Vincent de Senlis.
Je déjeune à midi dans un crêperie non loin de la cathédrale, profitant des tables installées dans une petite rue pour profiter d'un beau soleil estival. Mais c'est un peu décevant de constater que toutes ces charmantes ruelles pavées sont ouvertes à la circulation automobile, qui y est assez dense : pourquoi ne pas interdire ou au moins limiter cette circulation dans l'hypercentre, pour le réserver aux piétons et cyclistes, comme c'est souvent le cas dans des villes similaires ?
Une petite demi-heure plus loin, en passant devant le magnifique château de Chantilly chemin faisant, je rejoins la ville de Creil. Contraste garanti avec la charmante Senlis. Voilà une cité industrieuse et populaire, à l'aspect ingrat et à la population hétérogène. Pourtant, elle a aussi son histoire que les édiles locaux cherchent à mettre en valeur, profitant aussi de la rivière Oise qui la traverse. Les vestiges d'un château royal, des musées en plein travaux, et plus récente la Halle Fichet, ancienne usine de coffre-fort, fermée en 1930, en cours de rénovation au-delà du pont qui traverse l'Oise depuis la mairie. On perçoit en tout cas un véritable effort pour redorer le blason d'une de ces villes victimes de la désindustrialisation de fin des années 1900.
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