Les baleines de Ré

Ce premier week-end de l'année à La Rochelle est l'occasion d'une très classique excursion sur l'île de , lorsqu'elle n'est pas encore envahie par touristes et cyclistes estivaux, nous y rendant par une Yélomobile Yaris rochelaise, retenue pour la journée. Cette fois, nous avons choisi comme point de chute le Phare des Baleines, nommé ainsi car autrefois des baleines s'y échouaient régulièrement. Mais en fait de phare, il y en trois ! Le vieux phare construit par Vauban, encore lui, en 1682, haut de 29 mètres, le plus proche de la pointe, qui pourrait être un jour mis en danger par l'érosion et la montée des eaux. Il est flanqué d'un petit musée consacré aux phares et balises. Puis le phare récent, mis en service en 1854 et haut de 57 mètres, équipé de lentilles de Fresnel toujours en service, et sur lequel on peut grimper pour profiter d'un large vue sur l'île de et la côte vendéenne en face. Enfin, moins visible et peu connu, pour la bonne raison qu'il est situé en pleine mer, à trois kilomètres au large de la pointe, le Phare des Baleineaux, haut de 31 mètres et construit au XIXème, en même temps que son grand frère sur la terre ferme. C'est le premier phare de France qui fut automatisé, dès sa création, et donc jamais habité.

Laissant notre véhicule sur le parking des phares, non loin des multiples échoppes et estaminets qui attendent sagement l'inavsion prochaine, nous partons pour une grande boucle d'une quinzaine de kilomètres. L'Abri du canot de sauvetage, la porte d'accès à l'océan pour les sauveteurs d'antan, est fermé par mesure de sécurité, mais nous pouvons accéder à la longue Plage Sauvage un peu plus loin, pour longer la mer à marée basse, sur le sable mouillé, à la fois souple et suffisamment dur pour ne pas s'y enfoncer, idéal pour marcher. Il n'y a pas beaucoup de monde, mais nous avons quand même un peu de compagnie : des pêcheurs à pied s'activent autour des flaques laissées par la marée descendante, et plus rare un chasseur de trésor, cherchant des objets (métaux précieux, bijoux ?) à l'aide d'un détecteur de métaux et d'un casque vissé sur les oreilles, mais difficile de savoir si sa chasse est fructueuse. Nous croisons aussi le chemin d'un malheureux mammifère, un cadavre de dauphin desséché sur le sable, rejeté par la mer, que nous avions d'abord pris de loin pour un rocher.

Nous arrivons sur le coup de une heure à Ars-en-Ré, le village au célèbre clocher - amer noir et blanc, que l'on voit toujours de loin. Tous les restaurants sont fermés ce dimanche de février, et nous sommes bien contents de trouver la boulangerie de la place centrale, juste avant qu'elle ne ferme, où nous pouvons nous sustenter de quiche et croque-monsieur sur une table au pied de l'église, profitant qui plus est d'un rayon de soleil bienvenu pour réchauffer un peu la fraîche atmosphère.

La brume redescend sur l'île, contredisant les optimistes prévisions de la météo, et nous parcourons les marais longeant le Fier d'Ars dans un halo nuageux qui ne rend pas hommage à la beauté du paysage. Nous y croisons quelques oiseaux de mer trouvant leur pitance dans les bassins, ainsi que chevaux et poneys, paissant tranquillement dans les prairies de leurs centres équestres, attendant eux aussi l'été pour s'activer. Puis nous poursuivons à travers Saint-Clément, le village le plus proche de la pointe, qui a ajouté la dénomination "des Baleines" pour indiquer sa situation privilégiée, et attirer le chaland. Même si comme un peu partout sur l'île, une bonne moitié des maisons sont fermées, sans doute des résidences de vacances, il y a quand même un peu d'activité dans le village, et notamment une sympathique crêperie que nous aurions pu cibler pour notre déjeuner. Nous finissons en longeant une belle propriété construite autour d'un moulin reconverti en lieu de vie cylindrique, original à défaut d'être sans doute facilement habitable.

L'autre non moins traditionnelle sortie du week-end nous emmènera, partant des Minimes par la pointe du Roux et le grand trou d'Aytré, jusqu'à la plage d'Aytré, désertée par les surfeurs en un jour de grand calme, et la gare d'Angoulins d'où nous rejoignons nos pénates en TER. Encore une dizaine de kilomètres par un soleil éblouissant se reflétant dans l'océan étal, pour une balade des plus agréables, même si nous connaissons l'endroit sur le bout des pieds. 


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