De Passy au Trocadéro

Nos balades dominicales nous amènent deux weekends de suite vers les coins chics de Paris, dans le XVIème arrondissement. Tout d'abord du côté de Passy où nous atterrissons en métro, pour un zigzag dans les rues tranquilles de ce quartier, où les maisons bourgeoises affichent leurs styles. La délégation de Mayotte à Paris a droit à une belle maison rue du Docteur Blanche. Juste à côté, le square du Docteur Blanche est une impasse plantée d'arbre et longée de villas enfouies dans la verdure, jusqu'au bout la Maison Roche du Corbusier, conçue par le célèbre architecte pour y vivre. Voilà qui méritera une visite guidée un jour puisqu'elle est fermée le dimanche. Un peu plus loin, au bout de la rue Jasmin, l'impasse Raffet est un petit bijou bien caché, tandis que sur l'avenue Mozart, la Villa Flore offre aux passants ses courbes Art Nouveau.


Poursuivant par la rue Jean de la Fontaine, l'on passe devant le joli parc de la Fondation d'Auteuil, jusqu'au Castel Béranger, dont le haute façade domine la rue. Elle fut conçue dans le plus pur style Art Nouveau par Hector Guimard, juste avant le tournant du XXème siècle, avec les arabesques de ses ferronneries, grilles, garde-corps et frises, mosaïques et vitraux. Tout aussi intéressant est le hameau Béranger, fermé au tout venant, mais dans lequel un vieil habitant nous fait entrer, en nous notifiant qu'il n'aime pas du tout ce style ! Voilà un endroit qui mériterait pourtant d'être davantage mis en valeur, et offert à visiter, mais pour "vivre heureux vivons cachés" pensent sans doute ses habitants.


Nous finissons notre parcours du côté du Trocadéro, bien plus animé avec son quota habituel de touristes venant profiter de l'iconique vue sur la Tour Eiffel et la Seine. Avant de pousser jusqu'au Musée d'Art Moderne au Palais de Tokyo. L'exposition que nous visons (l'Age Atomique) est complète, il est vrai que c'est son dernier jour, et nous nous contentons des collections permanentes, à partir du postimpressionnisme, passant par Bonnard, Matisse ou Foujita, sans oublier la monumentale fresque de Raoul Dufy, sur le large mur courbe (600 m2), dédiée à la "Fée Electricité".

Le dimanche suivant, nous retournons au Trocadéro en guise de point de départ. J'y commence par un tour au Musée de la Marine, que je n'avais pas fréquenté depuis belle lurette, en tout cas pas depuis sa remise à neuf en 2023. Sans être marin dans l'âme, l'océan m'a toujours attiré, et notamment les nouveaux aventuriers de l'époque moderne que sont les marins du large, et en solo, sur leurs énormes bateaux, naviguant sur les mers les plus inhospitalières du globe. Je suis donc naturellement passionné par l'exposition qui y est consacrée sur le Vendée Globe, cette course autour du monde qui passe tous les quatre ans par les trois caps, dont le mythique Horn, par les Quarantièmes Rugissants ou le Pot au Noir. L'expo très complète raconte tous les aspects de cette épopée, les victoires et les naufrages, la vie quotidienne des marins, le mythe des passages, et je me régale. Le reste du musée est classique, entre les habituels modèles réduits de tous les bateaux à travers les siècles, des galères antiques aux sous-marins, et les grands tableaux représentant trois-mâts, combats nautiques ou ports maritimes au fil des siècles. Sans oublier une petite installation intéressante décrivant la conception de la fameuse cavalière volant sur la Seine à l'occasion des récents J.O.

Nous sortons de là pour nous retrouver sur la place du Trocadéro où une manifestation a lieu, à grands coups de musique, discours, drapeaux, affiches. Assez inattendue dans la mesure où il s'agit d'une propagande organisée par le fort peu démocratique régime algérien, pour soutenir son gouvernement, en bisbille avec la France ces mois-ci. Pourquoi pas, même si l'on a du mal à imaginer ce type de manifestation inversée dans les rues d'Alger !

Il fait beau et nous avons un peu de temps avant de rentrer dans notre home nocéen. Un tour au cimetière de Passy qui surplombe le Trocadéro, un peu à l'étroit sur son promontoire. Les tombes sont à touche-touche, parfois flanquées de massifs mausolées datant de plus d'un siècle. On y trouve nombre d'habitants du huppé quartier voisin, de tous types, allant d'Édouard Manet à Marcel Dassault, de Claude Debussy à Edgar Faure. De là, nous traversons le quartier de la place Victor Hugo, avec un arrêt dans le joli Café du Mexique, dans le plus pur style brasserie parisienne, avant de finir en longeant la cossue avenue Foch.



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