Triple A comme Aunis
Je reprends mon vélo pour rejoindre l'océan, à l'entrée de cette baie de l'Aiguillon, et embrasser une fois encore le large panorama, jusqu'en sud Vendée en face et la côte orientale de l'île de Ré. Avant d'y parvenir, je dois faire demi-tour, la départementale qui y mène depuis Esnandes étant inondée, comme d'ailleurs nombre de champs aux alentours, et m'y rend par un chemin plus escarpé pour accéder directement au point de vue et à sa table d'orientation. Après avoir longé la mer, comptant les carrelets qui partent à l'assaut des flots tandis que le soleil décline en offrant une lumière orangée du meilleur effet, je repique vers le village de Marsilly. Celui-ci est connu pour son église Saint-Pierre, avec un clocher qui ressemble à un gros donjon carré, et son Arbre de la Liberté, un chêne planté en 1792, moins pour son élevage d'autruches, d'où le second A de la formule. Une centaine d'autruches s'ébattent dans de larges enclos, et approvisionnent la boutique de Laurette, où je m'arrête pour quelques achats de viandes, conserves, évitant œufs et cosmétiques. Visiblement, les frimas de l'Atlantique ne perturbent pas outre mesure ces volatiles des zones australes. Va pour Autruches donc, mais quid de l'Alabama ?
Il nous aura suffi de traverser notre rue Debussy pour aller à la rencontre de l'Alabama. Comme d'autres jeudis, le café-théâtre de l'Azile présente dans sa petite salle un spectacle de blues. Ce jour-là, c'est le tour d'Alabama Mike, natif de cet Etat américain, en tournée européenne, accompagné de musiciens français, notamment un guitariste talentueux. Avec un accent du Sud Américain à couper au couteau, après un début discret, il nous raconte quelques anecdotes, que tous les spectateurs n'auront pas saisies, et arrive à enflammer la salle, la faisant se lever et chanter des refrains, pas évident pourtant avec un public chenu et bien calme au départ.
Ce week-end de fin novembre est aussi celui du Marathon de La Rochelle, une des dates marquantes de la saison française des marathons. Il y a environ 8000 participants cette année pour le marathon et ses déclinaisons en semi et 10 kms pour les moins affutés. La météo du dimanche matin est idéale, temps frais et ensoleillé, quand les coureurs se lancent à l'assaut de 42,195 kms. Il y a deux courses en fait, celle d'une petite dizaine de Kenyans et Ethiopiens venu faire la course aux cachets, pas les tout meilleurs certes, mais suffisamment costauds pour vite creuser l'écart. Tout se jouera au sprint dans les derniers décamètres avec une victoire kenyane en 2h11. Et loin derrière, la masse des amateurs, qui mettront 3, 4, jusqu'à 6 heures pour parcourir la même distance. Ambiance bon enfant, applaudissements et encouragements sur le trajet, pancartes et banderoles pour la famille, quelques déguisements même, tout au long de la partie centrale du parcours qui emmène les coureurs jusqu'à La Pallice au nord et la Ville en Bois au sud. Je ne me risque pas à courir, me contentant de guetter les coureurs sur la rue Saint-Louis, puis le long du quai Maubec jusqu'au Vieux Port.
Un dernier paragraphe pour les sorties du week-end. D'abord un bon resto de style asiatique, Iséo, sur le port, en compagnie d'un ami venu de Niort non loin de là. Puis une nouvelle exploration cervophile au Local, anciennement Captain Houblon, où je découvre grâce à une volée de galopins (12,5 cl) une belle gamme des Brasseurs Cueilleurs, micro-brasserie de Landais non loin de là, des bières inventives et originales, de la Session ou Triple IPA, à l'étonnante Brett Lochristi aux abricots, une belle découverte.
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