Brienne-Napoléon et des tuiles

Week-end familial dans l'Aube en ce début novembre, nous nous réunissons à huit dans une grande maison à Brienne-le-Château, à une demi-heure environ de Troyes. Cette vaste "Demeure des Grands Lacs de Champagne" a été construite dès 1770 par l'architecte Jean-Louis Fontaine, le même qui a conçu le Château de Brienne non loin de là. On se retrouve dans une maison vénérable aux grandes pièces hautes de plafond, aux boiseries et peintures d'époque, flanquée d'un beau parc à l'arrière. La décoration mêle curieusement l'ancien et le moderne, et la rénovation récente, qui a pris plus d'une année, a dû jongler entre contraintes liées à l'ancienneté du bâtiment et volonté d'en faire une maison aux aménagements confortables pour la louer aux touristes de passage. En bref, ce n'est pas toujours convivial ou pratique, mais reste un bel endroit où passer deux ou trois jours.


Durant ce week-end aubois, la tempête "Ciaran" continue de traverser la France, et des vagues de vent et de pluie arrosent la région. Nous restons plus de temps que prévu à l'intérieur, à festoyer et à pratiquer des jeux de société divers pour passer le temps. Et tentons cependant quelques excursions de temps à autre. Brienne-le-Château s'est un temps nommée Brienne-Napoléon, en l'honneur de Napoléon Bonaparte qui y passa cinq années de son adolescence à l'Ecole Militaire locale. Un musée retrace la carrière de Napoléon Ier et son passage dans la ville. Simple, ramassé, situé dans ce qui reste de l'école militaire, et désert en ce dimanche après-midi, ce musée offre un bon résumé, didactique et documenté, de tout ce que notre Napoléon national a pu réaliser en une vingtaine d'année. On couvre ainsi ses grandes batailles victorieuses, telle celle d'Austerlitz, d'une part, ses réalisations civiles de l'autre, découvrant l'incroyable variété de réalisations qu'on lui doit, du Code Civil au Cadastre en passant par le Baccalauréat et moult monuments de Paris. Le tout illustré par, entre autres, des extraits de certains des nombreux films qui lui furent consacrés, des objets lui ayant appartenu, dont le célèbre bicorne, et des documents de tous types relatifs à sa famille, ses études, ses voyages. Une bonne piqûre de rappel sur ce grand homme au bilan contrasté et sans doute incomparable.

Une autre sortie nous emmène au bord du Lac du Temple non loin de là, où les bourrasques nous font vite nous replier vers nos véhicules, avant de rejoindre la Lac d'Amance voisin et l'observatoire de Radonvilliers, qui permet d'observer, à l'abri, les oiseaux du lac, aigrettes, hérons, canards, cormorans, mais celui-ci est pris d'assaut par des photographes munis d'impressionnants téléobjectifs qui monopolisent les ouvertures vers l'avifaune.

Un petit tour dans Brienne-le-Château permet de jeter un œil au Château, désormais un centre hospitalier. L'on passe aussi devant un lycée désaffecté qui avait de l'allure avec son style industriel, par la mairie devant laquelle s'élève un bronze de l'inévitable Napoléon, devant une vaste halle aux poutres en bois et toit en tuiles, puis en parcourant des rues où quelques belles maisons font du gringue aux rares passants.


Une dernière excursion nous emmène au village voisin de Soulaines-Dhuys, que la météo ne nous donne guère envie de parcourir à pied, nous ne verrons pas la résurgence de la rivière Dhuys, son lavoir et le moulin (où nous avions passé une nuit il y a une quinzaine d'années) qui la surplombe. Nous nous réfugions à la tuilerie Royer, non loin de là, pour une visite guidée et détaillée des locaux de la tuilerie, qui assure compactage et découpage de l'argile, séchage sur claies, enfournement pour la cuisson. La propriétaire de l'entreprise est diserte et passionnée, nous détaillant toutes les étapes du travail aboutissant aux tuiles artisanales qu'ils commercialisent un peu partout en France et jusqu'en Belgique. Nous sommes surpris par le caractère rudimentaire des outils et des locaux, qui semblent dater - et qui datent en partie - d'il y a un siècle au moins. La visite est instructive, et couverte, nous ressortons chacun avec quelques jolis bols et tasses, puisque la tuilerie s'est diversifiée en produisant de la poterie de bon aloi. Puis nous rentrons sur Paris, non sans effectuer, pour certains, un arrêt-emplettes aux Magasins d'Usine dont Troyes est la capitale en France, sur le modèle des Outlets américains.

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