Photo - Gacilly

Direction plein Est pour cette journée du 16 août, avec pour épicentre La Gacilly et son festival photo. Mais avant cela, nous faisons escale à Rochefort-en-Terre, une petite ville très courue, où nous nous étions déjà rendus il y a une dizaine d'années, lorsque notre fils y habitait à l'occasion d'un stage. Comme de bien entendu, en cette mi-août, il y a foule pour parcourir la rue Saint-Michel,  s'arrêter place du Puit et admirer les vénérables maisons en pierre telles le Café Breton ou la tour du Lion. Au-dessus de la ville domine le Château de Rochefort, plusieurs fois détruit, et désormais un manoir de style néogothique en équerre, que l'on atteint par une belle allée bordée de platanes. Devant, un vaste parc engazonné ouvre sur les toits en ardoise de la ville en contrebas, à côté de la chapelle. En revenant par des ruelles un peu plus bas que la rue principale, on retrouve vite le calme des maisons sans fioritures, bordées de verdure et de fleurs.


Notre principal objectif est le Festival de La Gacilly, qui propose chaque été deux mois durant des expositions de photos en plein air, à travers la ville de Yves Rocher. Nous avions aimé notre brève visite là-bas en 2016, et comptons la parcourir plus avant cette année. La météo est de notre côté, déjà un bon point, et l'afflux touristique, qui nous oblige à avaler un sandwich à défaut de trouver une table dans un restaurant, ne nous rebute pas. Il y a suffisamment de lieux d'exposition pour ne pas que la visite devienne invivable, et nous allons vraiment apprécier, et le cadre, verdoyant et fleuri, et les photographies exposées elles-mêmes, variées, originales, voire spectaculaires, autour du thème "La Nature en Héritage", tellement réaliste et un rien désespérant. On est d'abord saisi par les extraordinaires photos aquatiques de David Doubilet, qui nous emmènent le long de la rue Lafayette jusqu'aux bords de l'Aff. On n'oubliera pas de sitôt ce cliché d'une plongeuse dans le bleu cernée par un banc de barracudas, en grand format.

Dans un style très différent, Sacha Goldberger nous propose des aliens attaquent la terre dans des décors de série Z américaine, aussi surprenant que captivant. En remontant la rue Saint-Vincent, le Brésilien Lucas Lenci présente une série en noir et blanc de paysages urbains empilés, où des silhouettes anonymes jouent un illusoire ballet répétitif. Dans un jardin, le sud-africain Brent Stirton nous fait découvrir le Pantanal, la plus grande zone humide de la planète, en Amérique du Sud, et sa fragilité, un éden en danger où jaguars et autres animaux peinent à survivre.


De l'autre côté de l'Aff, à travers un labyrinthe végétal, l'on retrouve le génial Sebastiao Salgado, qui nous emmène pour un voyage mythique dans l'enfer vert de l'Amazonie et ses habitants, humains, mais aussi animaux et végétaux. La mise en abyme dans cet écrin vert démultiplie encore l'impact de ses photos s'il en était besoin. Juste à côté, Maxime Riché se situe plus au nord, en Californie, dans la malnommée Paradise, dévastée par le mégafeu Dixie Fire, et qui tente de revivre, utilisant un film infrarouge pour exemplifier le ravage des flammes. Sans oublier de donner la parole aux habitants qui veulent y reprendre leur vie.

Et j'en oublie, les pêcheurs de Lorraine Sturci, les orangs outans de Alain Schroeder, les arbres de Beth Moon, la vingtaine d'artistes à qui on doit ce magnifique feu d'artifice de photos, à côté desquels on se sent à la fois tout petit, et tout exalté : j'y reviendrai, c'est sûr !

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