Phillie forme

Après mes 2 jours de réunion USP à Rockville, près de Washington, je m'octroie une petite excursion d'une journée et demi à Philadelphie, ville que nous avions déjà visité il y a dizaine d'années lors d'une virée sur la côte Est. Je m'installe dans un Bed & Breakfast ("La Réserve", très français, et en plus la personne qui m'accueille est ravie de me parler, un peu approximativement, en français), dans le centre, près du Rittenhouse Square, dans un quartier plutôt branché aux brownstones s'alignant le long des rues, joliment éclairées le soir venu. Une chaude lumière vespérale illumine le haut des maisons de ses derniers rayons de soleil, tandis que je me promène dans "mon" quartier, jusqu'à un resto coréen à deux pas de là (South Gate), bien rempli, et où je trouve une petite place au comptoir pour me faufiler. C'est bondé, bruyant, et on peut comprendre, car la chère est bonne (bowls coréens alias bibimbap, tout comme les bières artisanales locales (une hazy ipa fiddlehead pour moi).

Le lendemain matin, j'entame un tour des fresques murales de la ville, qui a, comme d'autres, développé cet artisanat pour égayer ses murs parfois tristes ou ingrats. Un organisme, le Mural Arts Philadelphia, a pris cela en charge il y a plusieurs décennies, et 4000 fresques ont ainsi vu le jour un peu partout dans et autour de la métropole de Pennsylvanie. Je poursuis donc l'itinéraire proposé qui m'emmène d'abord dans les alentours plutôt chics de mon quartier, autour de South Broad Street. Difficile d'en faire une brève description, c'est très varié, dans les thèmes, les couleurs, les lieux et les supports. On aime un peu, beaucoup, énormément, ou pas du tout, le plus simple est d'en ressortir quelques images pour donner une impression fugace de l'autoproclamée "City of Murals".

Je passe ainsi une bonne partie de ma journée avec ce fil d'Ariane mural, qui me permet de zigzaguer dans tout le centre de la ville, passant par l'hôtel de ville et ses jets d'eaux, son downtown avec buildings aux fenêtres bleutées, desquelles émargent une copie moderne du Chrysler new-yorkais. De là, je me dirige ensuite vers le Delaware, passant devant le quartier historique où se pressent les touristes, celui de la fameuse Liberty Bell, et des musées afférents. Tout l'endroit est bien surveillé, et je me fais violemment rabrouer par un vigile pour avoir enjambé un câble métallique délimitant une allée. Un peu rebuté par l'accueil, je m'éloigne vite de cet endroit, que nous avions de surcroît bien parcouru il y a une décennie, pour me diriger vers le fleuve. Je passe devant pas de moins de trois mémoriaux, un rituel bien américain, consacrés à la Guerre de Corée, à Beyrouth et au Vietnam. Arrivant au bord du Delaware, ce sont trois bateaux bien différents qui me souhaitent le bonjour depuis leur bassin : un trois-mâts, un sous-marin (Becuna) et un croiseur (Olympia). La promenade qui longe le Delaware, avec en face l'état du New Jersey, m'amène jusqu'à la rue le plus renommée de Phillie, l'historique rue pavée de Elfreth's Alley : des maisons en briques, des portes et volets rouge vif, des galets au sol, et pourtant cela ne fait pas trop fabriqué, sans doute parce que de "vrais" gens vivent toujours ici, malgré l'afflux des touristes.

Le lendemain, avant de reprendre en début d'après-midi mon train Amtrak qui me ramène à Washington, je brave la pluie qui a fait son apparition pour aller longer l'autre rivière, la Schuykill, qui traverse Philadelphie. Une promenade le long de l'eau où alternent joggers et promeneurs de chien m'amène jusqu'au pied du monumental Museum of Art local. Pas le temps de m'y arrêter, je me contente d'admirer la perspective depuis la fontaine Washington, vers le Logan Square, qui traverse le quartier culturel. Je m'arrête devant la Fondation Barnes, déjà visitée, et que j'aurais pourtant bien aimé revoir (pas le temps), puis devant le Musée Rodin, le deuxième en importance après celui de Paris. Je longe la voie Benjamin Franklin, salué par les drapeaux de tous pays qui claquent sous le crachin, jusqu'à l'autre fontaine du côté de Swann, avant de retrouver la grande gare.

Un dernier mot sur mon B&B, style français vieillot, mais idéalement situé, et où je peux discuter comme souvent dans ce type d'hébergement avec d'autres clients : clientèle internationale, des Allemands (nous parlons coupe du monde de foot féminin !), des Italiens, des Américains, qui échangent sur tout et rien.







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