De Ploërmel à Brocéliande

Non loin de notre base se trouve Ploërmel, qui me parle pour deux raisons, l'une étant qu'y est localisée un site de fabrication de mon ex-entreprise Sanofi, l'autre que notre fils y a effectué son stage de fin d'études il y a une dizaine d'années. Mais pour autant je ne connais pas cette petite ville bretonne, en pleine zone rurale, petite ville active de dix mille habitants et qui a gardé un patrimoine architectural plutôt complet. Ce jour de l'Assomption n'est cependant pas le meilleur jour pour nous y rendre, et nous devons zigzaguer sur des chemins de campagne pour rejoindre Ploërmel, sans trop savoir pourquoi, avant de découvrir que ce 15 août est le jour de la "Madone des Motards", une manifestation moto-religieuse dont les centaines de participants défilent sur deux roues dans toute la région, traversant justement Ploërmel au moment où nous y parvenons. Le défilé est incessant, et fort bruyant, au point que nous avons toutes les peines du monde à traverser la rue principale pour nous rendre dans la partie historique de la ville. Autour de l'église Saint-Armel (XVème) s'étale le vieux centre, quelques ruelles enchevêtrés bordées de diverses maisons anciennes, comme l'Hôtel des Ducs de Bretagne et la maison des Marmousets, se faisant face à un ou deux mètres dans un étroit passage rue Beaumanoir. Plus loin, la place Sénéchal Perret est encore ceinte des remparts du XIIème, qui ont vu des habitations pousser à leurs sommets, et dont subsiste encore une des tours d'angle, la tour Tabor. Nous faisons un stop désaltérant au Pig's Bear Pub (bonnes bières locales), juste à côté d'un autre établissement qui fait "bar-bier", à la fois barbier et bar à bières, proximité syntaxique oblige.


De là, la fameuse forêt de Brocéliande est à portée de voiture, et nous ne pouvons faire l'impasse sur cet endroit mythique, qui remet en mémoire Merlin l'enchanteur, la fée Morgane ou Lancelot du Lac, tout ce qui a trait au Roi Arthur et à ses récits. Cette légende est bien sûr largement utilisée pour remettre en valeur cette forêt, même si sur place, il y est surtout fait référence à travers des panneaux explicatifs ou le nom de quelques commerces. Nous commençons notre journée par l'étang de Paimpont, dont nous faisons le tour en une heure, une balade agréable autour du lac, offrant des vues fréquentes vers Paimpont et son abbaye, avant de pique-niquer sur les bords de l'étang, au milieu d'une foule délaissant l'espace d'une journée la mer pour aller explorer la légende arthurienne.

De là, nous rejoignons le village de Tréhorenteuc pour une autre promenade forestière, sur les traces d'Arthur. En fait de traces, nous trouvons un Jardin aux Moines, un tertre néolithique formé d'une ronde de blocs de schiste et de poudingue, datant d'il y a cinq millénaires. Et un peu plus loin, en pleine nature, la surprenante tombe d'un Dr Alphonse Guérin, renommé chirurgien urologue natif de Ploërmel, qui a donné son nom à glandes, valvules ou sinus. Pourtant les parkings sont remplis, et la foule s'est donnée rendez-vous pour aller voir un peu plus au sud quelques éléments reconstitués de la légende, comme le Val, avec cet arbre doré (repeint de frais), ou une longère abritant un Merlin de cire. Très peu pour nous, nous rejoignons, un peu déçus, nos pénates sans en savoir beaucoup plus sur cette pourtant fascinante épopée de la Table Ronde.


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