Trois sommets à Epernay

Vingt-quatre heures chrono à Epernay, ville de et du Champagne, c'est aussi l'occasion de gravir 3 sommets de la ville, dans des styles différents, minéral, organique et... gazeux. Pour le minéral, cela consiste à monter les 237 marches de la tour Castellane, à 66 mètres, qui est l'emblème de la marque de champagne. De là-haut, l'on domine toute la ville, la voie ferrée et la rivière d'un côté, les coteaux qui accueillent sur leurs flancs les vignes de l'autre. Passant de l'humain au naturel, le point culminant qui domine Epernay est le Mont Bernon, à 208 mètres d'altitude, qui domine d'environ 140 mètres la ville en contrebas. Pour y parvenir, il faut traverser les vignes et gravir la petite colline au sommet de laquelle des jeux pour enfants sont installés, ainsi qu'un point de vue pour admirer le panorama sur la ville. Dernier "sommet", celui qui nous emmène le plus haut, à 150 mètres du sol, est aussi celui qui demande le moins d'effort au grimpeur, puisque c'est l'hélium qui nous amène là-haut, à bord d'un ballon captif qui proposent des petites excursions d'un quart d'heure depuis le centre de la ville. L'on monte sur la nacelle, avec une douzaine d'autres péquins, le câble se déroule lentement tandis que le ballon prend de l'altitude, à peine bercé par un léger vent. Arrivé là-haut, la stabilité est rassurante, et l'on peut faire sans être secoué, ni devoir s'accrocher au bastingage, le tour du propriétaire à 360°, jetant au passage sous le ballon un œil pour un point de vue plus vertical. Avec ces trois points de vue différents, à des altitudes variables, l'on acquiert une vision complète de la topologie d'Epernay : un centre historique avec églises et jardins, la grande Avenue de Champagne bordée de demeures somptueuses, quelques grands ensembles en périphérie, puis les vignes montant à l'assaut des pentes alentour.

Après avoir commencé par ces visites d'en haut, il est temps de continuer l'exploration au ras du sol. Le tour du centre-ville est vite fait : l'église Notre-Dame, au coin de la place Mendès France, la Mairie et son joli parc, où une fête se prépare ce vendredi après-midi, la Halle Saint-Thibaut qui attend ses jours de marché, et quelques reliefs anciens, comme le Portail Saint-Martin, sur la place Hugues-Plomb, tout ce qui reste de l'abbatiale du XVIème, le théâtre à l'italienne, nommée d'après la cantatrice locale Gabrielle Dorziat, ou encore le château de la Lune, demeure Art Nouveau près des halles.


L'endroit le plus marquant d'Epernay est sans conteste son Avenue de Champagne, où s'alignent les grandes maisons de champagne, flanquées d'immeubles Renaissance, qui abritaient les familles gérant les domaines. Suivant l'avenue sur un kilomètre environ, les lieux de dégustation ouverts aux amateurs alternent avec les maisons bourgeoises derrières leurs grilles et leur verdure. Dans ce "faubourg de la Folie" ont été répertoriées plus de 100 sites remarquables, et marcher sur un trottoir, puis l'autre, permet de s'en mettre plein les mirettes, si du moins l'on ne s'est pas arrêté à chaque maison pour déguster le breuvage local.

Durant ce court séjour, je loge dans un appartement récent près du centre-ville, à la décoration un peu kitsch, mais confortable, dont le nom "French Boudoir" indique que la clientèle de passage est largement anglo-saxonne, l'anglais étant largement employé et entendu sur les hauts lieux de la ville. Le midi, je déniche un excellent restaurant, le Why Not, où je me régale d'une tarte fine aux légumes et chèvre, cabillaud sauce citron vert, gingembre et coco, et ananas caramélisé au rhum, arrosé d'un bon rosé de Provence bio.





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