Champagne !
Comme disait naguère le grand Jacques (Higelin), Champagne pour tout le monde ! Mon escapade champenoise est donc l'occasion de tâter au breuvage doré à plusieurs occasions. D'abord en visitant une des caves sparnaciennes de l'Avenue de Champagne, celle de Castellane sur laquelle j'ai jeté mon dévolu sur des critères architecturaux plus que gustatifs. La visite des caves creusées dans la craie est tout ce qu'il y a de plus classique, fraicheur et semi-obscurité des tunnels où de vieilles bouteilles somnolent depuis des décennies, rappel des techniques de vinification, des deux fermentations au remuage et au dégorgement associé au dosage, qui donneront son caractère au vin final, le tout sous la conduite d'une jeune guide pas très à l'aise. Cela se termine bien sûr par la classique dégustation du champagne de base de la maison, assez médiocre en vérité.
Le soir venu, je m'offre dans un des nombreux bars à champagne de la ville, l'Atypique, une autre dégustation plus ciblée. Je me fais conseiller par la patronne trois échantillons de 10 cl, un blanc de blancs, un brut plus corsé à base de pinot meunier, et un rosé de saignée, de divers petits producteurs locaux. C'est le brut que je trouve le plus intéressant, et je repars de là avec deux bouteilles de chez Patis-Paille pour une consommation ultérieure.
Le lendemain, c'est sur la Côte des Blancs que je continue ma prospection, chez Paul Lebrun, un petit viticulteur de Cramant que je connais depuis deux décennies au moins, mais chez qui je n'étais pas retourné depuis un bout de temps. Le décorum a changé, l'accueil a évolué, la cave un peu sombre où nous étions accueillis naguère a cédé la place à une grand espace convivial de dégustation, une salariée reçoit les clients, en français ou en anglais, comme le groupe d'Allemands qui goûte bruyamment à la tablée voisine, c'est pro et cependant sympa. En guise d'apéro, je teste trois des nectars de la maison, un extra-brut, un millésimé 2015 et un autre de 2012, avec une touche particulière due aux futs de chêne. Du classique, mais de qualité, à des tarifs très raisonnables (une petite vingtaine d'euros la fiole), et je repars avec deux caisses et en prime un magnum de 2012 pour une future grande occasion.
Depuis Cramant, à partir d'un belvédère au-dessus du vignoble où je pique-nique, je me fais en début d'après-midi une petite rando de deux heures entre forêt et vignoble, surplombant les villages de Mancy et de Cuis. Les viticulteurs sont au travail, taillant leurs vignes, mais aussi pulvérisant des produits sans doute pas très catholiques. Je passe devant une camionnette où un employé, probablement un sous-traitant, bien protégé dans sa combinaison, mélange des produits chimiques issus de divers bidons, que répandront ensuite ces tracteurs hauts sur pattes équipés de plusieurs buses en arrosant les vignes. Le champagne semble avoir encore du chemin à faire vers le bio ...
Sur la route du retour, après avoir traversé Avize et Oger, je fais un dernier stop à Vertus, gros bourg viticole enceint d'un boulevard de ceinture, et dans le cœur duquel on peut voir le joli Puits-Saint-Martin, dans lequel se reflète l'église, plusieurs fontaines et lavoirs, et quelques maisons à pans de bois.
Commentaires
Enregistrer un commentaire