Gérardmer de jardins

Depuis l’Alsace où nous passons un week-end prolongé de 14 juillet (Bastille Day comme disent les Anglo-Saxons, de manière plus imagée), nous passons une journée chez le rival lorrain, de l’autre côté de la ligne bleue des Vosges, bonjour M. Déroulède ! L’objectif est la ville de Gérardmer, que nous abordons par le versant commercial, textile même pour être précis. Cette sous-préfecture du département des Vosges est en effet le siège de plusieurs entreprises de textiles, les deux plus connues étant le Jacquard Français et Linvosges. Dans cette vallée vosgienne, le village gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur (oriental) et continue de produire du linge de maisons dans ses filatures. Comment ? Sans doute parce que dynamiques et inventives, ces entreprises proposent des motifs originaux et des couleurs gaies et coordonnées, qui justifient les prix plus élevés et attirent une clientèle prête à payer un peu plus cher qualité et esthétique. Comme nous qui faisons moult emplettes pour notre compte personnel et pour offrir. Une fois le volet shopping terminé, et après un bon déjeuner dans une crêperie locale (Crêpe Divine), nous repartons longer le lac de Gérardmer pour nous rendre jusqu’aux jardins de Berchigranges, à Granges-sur-Vologne. Ceux-ci sont bien cachés dans la forêt au-dessus du lac, mais valent de se donner la peine de les débusquer dans la cambrousse vosgienne. Un couple de passionnés a construit au fil des ans des jardins, le pluriel étant justifié pour décrire les différentes sortes d’écosystèmes qu’ils ont créés sur les pentes de la montagne. Ils ont abattu des épicéas, charrié des tonnes de terre, comblé une carrière, et planté des centaines d'espaces de plantes et fleurs d'un peu partout au monde. A côté du cottage d'accueil, on commence par la fraîche rocaille pour rejoindre les jardins de fraîcheur, longer le talus et la chaussée des géantes, traverser la chambre des dames et le jardin flipper, suivre le chemin du grand monde et franchir les prairies dunes-miroirs. Derrière ces intitulés poétiques se cachent des environnements variés, des plantes et fleurs réunies par leurs affinités, des lieux uniques qui nous font passer de l'ombre au soleil, de l'humidité à la sécheresse. Une balade magnifique, malgré la météo mitigée, au milieu des couleurs distillées par les fleurs et les ambiances reconstituées par les créateurs-artistes. Avec une mention particulière pour la forêt de mousses, mystérieuse dans sa verdeur rocheuse, et qui doit encore être plus agréable quand la canicule sévit.

Une fois un tour complet des jardins achevés, nous nous désaltérons dans un salon de thé voisin qui offre des boissons artisanales et locales revigorantes, faisant encore quelques emplettes dans un boutique éphémère, Bulles d'Art, qui propose des réalisations d’artisans du cru, objets en bois notamment, et produits alimentaires. Pour regagner nos provisoires pénates barrois, nous franchissons le col de la Schlucht, puis le Markstein, qui me remémorent des vacances de ski de fond il y a belle lurette, et qui seront aussi le théâtre des dernières péripéties du Tour de France 2023 dans quelques jours.

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