Sainte Odile sur 2 roues

Dernière journée de vélocipède, de retour en Alsace. Nous reprenons cette fois la Véloroute 5 vers le nord, après l'avoir explorée version sud 3 jours auparavant. Mais nous faisons auparavant un détour par le Mont Sainte Odile, histoire de tester un peu plus avant nos engins et leur assistance sur de vraies pentes de montagne, ou quasiment : depuis Barr jusqu'aux 767 mètres du fameux Mont, ce sont plus de 500 mètres de dénivelés qui nous attendent. A vrai dire, la pente est loin d'être difficile, la route forestière monte avec constance, mais finalement assez doucement, dans la forêt, c'en serait presque décevant, même pas besoin de solliciter outre-mesure l'aide électrique. Nous arrivons ainsi sans encombre à l'abbaye de Hohenbourg, qui surplombe fièrement la plaine d'Alsace en bas. Un peu d'histoire : la présence de l'abbaye est attestée dès 738, quand le père de la fameuse Odile, patronne d'Alsace à la vie mouvementée, entre conflits familiaux, miracles et rebondissements, lui offre le château qu'elle transforme en couvent. Les 1300 ans de la Sainte Odile viennent d'être fêtés l'an passé, lors d'un Jubilé quelque peu perturbé par la crise sanitaire. Ceinte par les 11 kilomètres du Mur Païen, l'abbaye comprend le monastère, habitée aujourd'hui encore par plus de 100 moniales, et lieu de pèlerinage fréquenté. A côté de nombreuses chapelles se trouve la basilique reconstruite en style baroque après moult vicissitudes. Le lieu dégage un mélange de ferveur et de quiétude, d'autant qu'en cette fin de saison, l'affluence reste modérée, et permet d'apprécier tranquillement les jardins et le panorama.

 

Il faut donc maintenant redescendre, par une raide route qui serpente à travers la forêt. La descente est assez impressionnante, avec moult virages dans lesquels il faut jouer des freins et apprécier les trajectoires. Après quelques tâtonnements, la confiance arrive et le déboulé tout schuss s'avère assez grisant. Mon compteur annonce une pointe à 59,9 km/h : pas mal pour une première, même si ce n'est pas encore au niveau des descendeurs du Tour de France qui franchissent parfois allégrement les 100 km/h ! Une fois rendus en bas, l'on récupère la route des vignobles à travers Saint-Nabor et Ottrott, avant de rejoindre la Voie Verte. Cette piste cyclable de 11 kilomètres relie Saint-Nabor à Rosheim par une ancienne voie ferrée, à partir d'une carrière désaffectée de porphyre, que nous avions déjà parcourue il y a quelques années. Quelques créations contemporaines métalliques égaient le parcours, et nous trouvons pour déjeuner sur le pouce à midi un bel endroit, une guinguette en plein air, avec tables en bois et palettes en guise de fauteuils, déserte en ce jour de semaine, où nous prenons tout notre temps, nous octroyant même une courte sieste au passage.

Le chemin continue vers le nord, traversant Molsheim pour une pause café, puis continuant jusqu'à Soultz-Sous-Forêts. De là, on longe le coquet canal de la Bruche, qui ramène vers Strasbourg. Nous bifurquons un peu plus loin vers le sud pour revenir à notre point de départ, traversant au passage Griesheim-près-Molsheim, un bourg parmi d'autres dans la campagne alsacienne, dont est originaire toute une branche de notre famille Schmitt. Nos chemins, à ma co-voyageuse de sœur et à moi, divergent provisoirement à Bischoffsheim, d'où je pars vers Boersch pour rendre mon vélo de location, admirant au passage la belle église romane de Saints-Pierre-et-Paul de Rosheim. Mon loueur rassuré de voir sa machine revenir en bon état, c'est l'occasion de discuter des caractéristiques de ces vélos électriques ; la possibilité de les chevaucher en modulant l'assistance électrique, et donc de choisir le niveau d'effort physique à leur consacrer, ainsi que l'aide appréciable sur les pentes plus raides, en font un outil attrayant, au moins sur des terrains un peu accidentés ou pour des balades plus longues. Peut-être céderai-je à la tentation dans quelque temps ...

 







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