Jardins de Paris
Une belle journée de tout début d'automne, de quoi aller faire un grand tour dans Paris. Ce sera à partir de la Gare de Lyon jusqu'au Trocadéro, en passant par plusieurs des jardins de la Ville Lumière. On commence par franchir la Seine pour ensuite passer devant la gare d'Austerlitz, dont la rénovation et l'agrandissement s'achèvent, et qui présente comme souvent une expo BD sur ses palissades, belle initiative qui en ce moment est consacrée au gamin Titeuf : je connais peu, et le découvre à travers l'exposition de planches du dessinateur Zep.
Un peu plus, passage rituel à travers le Jardin des Plantes, encore magnifiquement fleuri en cette fin septembre, avec pour toile de fond la façade du Muséum d'Histoire Naturelle et ses médaillons qui célèbrent une dizaine de scientifiques français des XVII, XVIII et XIXème siècles. Ici un parterre de plantes médicinales, qui me rappelle que celles-ci furent le point de départ de mon métier ; là, une série de photos sur les grilles du jardin botanique racontent le triste sort de nombre d'espèces en danger plus ou moins critique d'extinction. Sortant du jardin par l'allée Chevreuil et la rue Cuvier, on rejoint non loin de là les méconnues Arènes de Lutèce, un amphithéâtre gallo-romain niché dans la verdure, pouvant accueillir 17.000 spectateurs autrefois, dont l'on devine à peine la présence depuis les rues adjacentes. Une large piste centrale elliptique accueillait jadis combats d'hommes et d'animaux, et plus récemment, dans les années 50 encore, des matches de basket ! Les travées, en partie sous les frondaisons, font désormais le bonheur de lycéens et étudiants des environs pour une pause ombragée.
Mon verre de retsina terminé, traversons le boulevard Saint-Michel pour rejoindre le jardin du Luxembourg, grouillant de monde en cette pause méridienne au soleil, les jeunes allongés dans l'herbe pour piqueniquer, les moins jeunes assis sur chaises et fauteuils au bord des bassins et sous les arbres (j'y pique mon traditionnel roupillon post-prandial pour ma part). Vers le sud, l'esplanade Monnerville longe de vénérables institutions universitaires telles la Faculté de Pharmacie (où j'officiai il y a belle lurette comme jury de thèse) ou l'Institut d'Art et Archéologie, aux étonnantes briques rouges parsemées de corniches mauresques. Au milieu, de l'esplanade une superbe fontaine à chevaux et dauphins célèbre les explorateurs des siècles écoulés.
Empruntant un petit bout du boulevard du Montparnasse, l'on rejoint la rue Campagne Première, connue pour avoir accueilli l'atelier d'Eugène Atget au XIXème, le premier grand photographe français. S'y trouvent aussi l'élégant Hôtel Istria au style colonial, et surtout un magnifique bâtiment Art Nouveau d'André Arfvidson.
Puis c'est le cimetière du Montparnasse, que je ne ferai que traverser, évitant les sépultures les plus "visitées", comme celles de Jacques Chirac ou de Serge Gainsbourg, mais passant au hasard de mes pas devant quelques autres, telle celle, modeste, de Wolinski, abattu lors de la tuerie Charlie Hebdo de 2015. Au-delà se trouve la quartier moderne autour de la gare Montparnasse, guère agréable avec ses immeubles imposants et ses larges avenues fréquentées. Mais l'arrêt dans le voisinage, au Musée de la Poste, quasi-désert ce jeudi après-midi, vaut son petit détour. Trois étages, le premier consacré aux moyens de transports postiers, du cheval au TGV, le second aux métiers qui en découlèrent, et le dernier au timbre-poste, avec une galerie impressionnante regroupant la totalité des timbres émis en France, via une longue frise qui regroupe ceux-ci de manière à la fois chronologique et thématique.
Dernière étape de ma journée parisienne pour rejoindre la Tour Eiffel, par l'esplanade Chaban-Delmas avec les Invalides en point de mire, puis en tournant à gauche vers le Champ de Mars. Celui-ci est malheureusement ce jour-là complètement verrouillé, du fait de l'installation d'une grande scène ; j'apprendrai plus tard que s'est déroulé là le surlendemain un concert simultané entre New York, Lagos et donc Paris, à l'initiative d'une ONG, avec la présence de Black Eyed Peas, d'Ed Sheeran ou de Christine and the Queens. Arrivant au pied de la Tour Eiffel, l'ambiance très parisienne jusque-là change brutalement : des touristes prenant des selfies, des langues exotiques en veux-tu en voilà, des vendeurs de rue, la vieille tour métallique reste le lieu le plus visité de la capitale. Elle est aussi désormais moins accessible, enfermée derrière une muraille transparente qui empêche l'accès pour se balader sous ses quatre grands pieds de fer, à moins de montrer patte blanche et de verser son obole. Une dernière remontée pour rejoindre l'esplanade du Trocadéro, et prendre le chemin du retour.
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