Électriques vignobles alsaciens

Pour remplacer la traditionnelle randonnée automnale en compagnie de ma sœur, par la faute d'une tendinite pas suffisamment guérie pour tenter les Puys du Massif Central, c'est à une rando-vélo que nous nous attelons. Et pour cette première, quoi de plus simple que de partir de chez elle, à Barr sur les contreforts des Vosges, pour parcourir les pentes du vignoble et la plaine du Rhin. Petite précision, lesdites balades à deux roues se feront sous assistance, non pas respiratoire (pas encore) mais électrique, ce qui permettra de se rire des raidillons qui parsèment les chemins alentour. Me voici donc équipé pour 4 jours d'un vélo électrique, loué non loin de là, qu'il va me falloir apprivoiser : une fois passée la surprise de devoir manier une machine qui pèse son poids, batterie oblige, rien de bien compliqué à vrai dire. Le passage des vitesses reste identique à celui d'une bicyclette classique, et le choix (ou pas) du niveau d'assistance est tout aussi simple. Quatre niveaux d'aide, que l'on dose en fonction de la pente (ou du vent) et du niveau d'effort que l'on veut s'imposer. Pour ma part, j'essaie de limiter l'appui de dame électricité, refusant son aide sur le plat, et n'utilisant que le premier niveau (dit ECO) la plupart du temps, réservant le second aux pentes, ce qui me fera rentrer chaque soir au bercail avec une batterie encore largement chargée. Et au moins aurai-je la satisfaction d'avoir produit mon comptant d'exercice physique durant ces quelques jours. Mais foin de considérations techniques, un petit mot de notre programme de balades : deux jours en Alsace, deux autres en pays de Bade, allons-y.

Lundi matin, nous prenons la Route des Vins vers le sud pour tester nos fiers destriers sur des chemins splendides sillonnant les vignes, par un soleil radieux de début d'automne. Les quelques pentes qui se présentent à nous sont expédiées en trois coups d'assistance, et nous avons tout loisir d'admirer les villages alsaciens toujours aussi fleuris ou les châteaux qui s'égaillent dans les Vosges au-dessus de nous. Itterswiller, Blienschwiller, Dambach, Dieffenthal, Scherwiller, Kintzheim, etc..., ces endroits aux noms improbables (du moins pour les non-initiés de "l'intérieur") s'égrènent sous nos roues alertes. Nous parcourons ainsi un petit tronçon de la Véloroute européenne n°5, qui parcourt l'Europe sur 4000 kilomètres, depuis Londres jusqu'à Rome : voilà un projet ambitieux pour notre prochaine vélo-rando !

Un peu avant Colmar, nous bifurquons vers la plaine du Rhin, pour un déjeuner improvisé à Guémar, puis une halte à Illhaeusern, berceau de la célèbre Auberge de l'Ill, connue dans le monde entier, où notre tentative de café amélioré s'échoue sur un lundi jour de congé. A Marckolsheim, nous prenons le chemin de retour en longeant l'ancien canal du Rhône au Rhin, dont les bords ont été aménagés en une longue piste cyclable devenue celle-ci la Véloroute n°6. A vrai dire, cette partie du canal conçu au début des années 1800 n'a plus aucune utilité de navigation, puisque le Rhin un peu plus loin est désormais navigable grâce au canal d'Alsace qui le longe, et qu'elle semble à l'abandon, avec une végétation qui prolifère et de l'eau qui stagne, lui donnant par endroit des airs d'Amazonie (avec un peu d'imagination !). Les écluses qui le rythment tous les 5 kilomètres environ sont désormais hors service, du moins sur la partie la plus méridionale, et les bicoques des éclusiers sont recyclées en coquettes maisons d'habitation ou en d'autres lieux publics, ici un gîte rural, là un restaurant, un tatoueur même y offre ses services. A Boofzheim, le canal revit, les écluses ont repris du service pour les plaisanciers qui peuvent louer des bateaux à partir de là en remontant vers le nord.

Nous quittons le canal pour repartir vers l'ouest et revenir à Barr, en traversant à nouveau la plaine via Benfeld. Les jambes sont un peu lourdes pour cette dernière partie. A dire vrai, je me suis un peu mélangé les rayons en concoctant notre programme, et le kilométrage, que je voulais maintenir à un niveau raisonnable pour ce premier jour, dérape quelque peu : nous rentrons dans nos pénates barrois avec quand même 96 kilomètres au compteur, une bonne entrée en matière, même avec l'aide de la fée électricité.


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